UNDD a une pensée pour l’opposition sénégalaise

Sidwaya du 16 avril 2007

Alors que s’ouvre la campagne électorale, l’UNDD a une pensée pour l’opposition sénégalaise qui a fait preuve d’intelligence collective et de dignité en refusant de se commettre dans une compétition dont le sort est déjà scellé.
Si l’opposition burkinabé avait eu la même intuition, la même cohésion, le même sens du dépassement, nous ne serions assurément pas là à nous livrer à un pantomime électoral qui ne fait que nous éloigner des berges de la démocratie.
Et pourtant, les raisons qui ont amené les opposants sénégalais à se cabrer contre le processus électoral, sont les mêmes qui nous avaient conduits, au sortir des dernières élections municipales, à préconiser une pause qui nous donne l’occasion de remettre à plat tout notre processus démocratique afin de repartir sur des bases plus saines.
C’est dans cette optique qu’en son temps, nous avions adhéré au Groupe d’initiative de l’Opposition avec un espoir d’autant plus grand que la plupart des partis significatifs de l’opposition s’étaient prononcés contre toute nouvelle consultation électorale qui ne satisfasse pas au préalable de la relecture du code électoral et même de la Constitution. En témoigne le passage éloquent suivant d’une déclaration du groupe : «Le travail urgent à faire, c’est la relecture du code électoral actuel afin d’une part de repréciser certaines de ses dispositions et d’autre part de combler ses nombreuses lacunes. Ce sera l’occasion de proposer un véritable code électoral… En tout état de cause, l’opposition estime que ce serait courir à son propre suicide que d’accepter de compétir avec l’actuel code électoral » (in L’Observateur Paalga n° 6697 du 7 août 2006). Les enjeux étant précisés, le Groupe d’initiative dévoilait, dans la même déclaration, ses objectifs en ces termes : « La priorité actuelle de l’opposition burkinabé est la relecture du code électoral et de la constitution dans le souci de renforcer le processus démocratique. La mise en place de la nouvelle CENI, plus équitable et plus fiable, interviendra seulement après ces différentes relectures ».
Voilà qui faisait dire, à la grande satisfaction de nombre de citoyens, que l’opposition s’était enfin ressaisie, que résolue à ne plus s’en laisser conter, elle saurait notamment battre froid à une CENI « à la va-t’asseoir », recomposée sur des bases déloyales qui perpétuent la surreprésentation du pouvoir.
C’était donc en août 2006 mais grand Dieu, la déception sera de taille. En effet, à l’instant même où le pouvoir sonna le gong du renouvellement des structures centrales et décentralisées de la CENI , tous les engagements du groupe d’initiative volèrent en éclats. Ce fut la ruée infernale pour les strapontins. Dans ce mémorable cafouillage, on assista à des prestations honteuses de nombre de postulants au renouvellement des postes de même qu’à des mésalliances entre partis politiques qui embrumèrent davantage la nécessaire distinction entre opposition et majorité. Du coup, on ne pouvait que remettre aux calendes grecques l’action unitaire pour les mesures de sauvetage tant souhaitées de la démocratie, par l’opposition.
L’UNDD, qui a refusé pour sa part de participer à la CENI , aurait aimé, face au refus du parti-Etat d’engager un vrai dialogue démocratique, prendre l’option du boycott mais comme on le sait, le boycott n’a de sens que s’il est collectif et massif. Le parti en fera donc son deuil. Il ira en campagne mais pas en campagne de glorification du processus démocratique. Il ira pour donner plus d’amplitude à ses critiques, à ses dénonciations par rapport à la perversion de nos institutions et de notre vie politique.
Nous profiterons donc des médias pour protester à notre façon et pour en appeler aux Burkinabé à entrer en résistance contre un système de gouvernement qui ne peut conduire le pays qu’à des déchirures. Cette élection doit les amener à opter résolument pour la rupture et c’est pour cela qu’ils doivent sanctionner le pouvoir en place ; cela pour permettre à l’UNDD d’engager l’action de refondation de nos institutions afin, en interne, de promouvoir une gouvernance économique et sociale plus juste, et en externe, d’œuvrer à rompre avec la politique si déplorable des ingérences.