Sidwaya n°5825 du 14 Février 2007

Législatives 2007 au Burkina Faso
L’UNDD exige le report de l’échéance

Pour Hermann Yéméogo, “Au regard de la situation nationale, la charge de rupture est atteinte au Burkina Faso».

L’Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD), a tenu son premier congrès ordinaire les 10 et 11 février 2007 à Ouagadougou, sous le thème : «La crise de la démocratie et l’impératif de rupture». La crise ivoirienne, la situation nationale et l’organisation du parti ont dominé ces assises du «parti de la panthère».

L’Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD), salue l’avènement du dialogue direct inter-ivoirien. L’UNDD change d’orientation politique pour devenir un parti du centre-gauche, un parti de la social-démocratie. L’UNDD exige le report des élections législatives. L’UNDD condamne «l’institutionalisation de l’impunité et de la mal gouvernance». Ainsi peuvent être résumées les principales conclusions du premier congrès ordinaire du «parti de la panthère» qui vient de refermer ses portes à Ouagadougou le 11 février 2007. Placé sous le sceau du recueillement et du sursaut, ce congrès devait au-delà des censures, faire des propositions concrètes. Les délégués des quarante cinq provinces du Burkina Faso et de l’étranger, ont pendant 24 heures, passé au peigne fin les principaux sujets de préoccupation de l’UNDD ressucité en 2003. Les différents intervenants à la tribune de la cérémonie d’ouverture, ont peint une situation nationale en des motifs si sombres que le secrétaire général du parti, Salif Ouédraogo, n’a pas hésité à la caractériser comme «une dévalorisation de la politique, une dévalorisation des institutions, et donc, une dévalorisation de la république». Tout cela sur un fond d’impunité qu’il qualifie de «criminel silencieux qui tue la démocratie». Quant à Marlène Zébango, porte-voix des femmes de l’UNDD, elle s’est attardée sur la hardiesse qui caractérise «le militantisme de la femme dans un parti politique, surtout lorsque celui-ci s’appelle UNDD». Elle a tout de même réaffirmé la détermination de ces consœurs à porter haut le flambeau du parti, malgré «les injustices qui sont leur lot quotidien».

«comme un sphinx...»

Marcelin Yaméogo, l’ex-maire de Koudougou, aura incontestablement battu le reccord à l’ «applaudimètre» de cette cérémonie. selon lui, Herman Yaméogo, donné pour mort politiquement au lendemain du vol de son parti en 2003 est un grand homme. «Comme un sphinx, il renait toujours de ses cendres.» Les délégations des mouvements de jeunes MJ/UNDD du Mali et de la Côte d’Ivoire ont salué le travail abattu par les responsables et militants du parti au plan national. Elles ont, par ailleurs, appelé à l’intensification de la lutte pour l’obtention du vote des Burkinabè de l’extérieur. Mlle Bintou Ouédraogo du MJ/UNDD de Côte d’Ivoire a, dans cette veine, insisté sur la nécessité de la mise en place de MJ/UNDD partout dans le monde où existe la diaspora burkinabè. Au terme des réflexions, les congressistes sont repartis de Ouagadougou «avec des engagements renouvelés, la conviction d’avoir raffermi leur détermination à combattre l’injustice, d’avoir fait le carré autour de leurs principes de base». Ils ont aussi renouvelé les organes dirigeants de leur parti. Un conseil politique national ainsi qu’un Bureau exécutif national (BEN) de 51 membres, dirigé par Hermann Yaméogo ont été mis en place. Intervenant à la clôture du congrès, le 11 février dans une Maison du peuple archi-comble, Me Hermann Yaméogo a félicité ses militants pour leur détermination. Il les a exhortés à intensifier la mobilisation à travers des actions visibles et audibles sur le terrain de la lutte. Selon lui, ce congrès, bien qu’ordinaire du point de vue des textes, «est loin d’être un congrès ordinaire rythmé par des festivités, des djandjobas. Il est un congrès de responsabilité, puisque l’heure est grave et que nous sommes en deuil de nos illusions démocratiques», justifiant le changement d’orientation politique opéré par le parti. Hermann Yaméogo a indiqué que ses amis entre autres, le FPI de Côte d’Ivoire et le MPLA d’Angola, sont à gauche. Il fallait donc se rapprocher d’eux d’un point de vue idéologique. S’agissant du dialogue inter-ivoiriens, le président de l’UNDD s’est félicité de sa tenue à Ouagadougou sous les auspices de Blaise Compaoré. Toute chose qu’il dit avoir préconisé depuis longtemps sans être entendu

Le cri de cœur de la diaspora

Parmi les thèmes majeurs qui ont dominé le discours de maître Hermann à cette cérémonie de clôture, figure le vote des Burkinabè de l’étranger. Ce vote aux dires du premier responsable de l’UNDD, sera au centre des préoccupations de son parti pour les temps à venir.
Selon lui, il faut absolument que ce vote soit obtenu car rien n’explique que les Burkinabè de l’extérieur ne puissent pas jouir de ce droit que leur confère pourtant la constitution. Empêcher tous ces millions de Burkinabè de voter est un crime, de l’avis d’Hermann Yaméogo. Embouchant la même trompette, le responsable du mouvement de la jeunesse UNDD de Côte d’Ivoire, Dominique Agnissi ajoutera que toute élection qui ignore les burkinabè de l’extérieur est une élection impopulaire.
A ce titre, il a indiqué que plus jamais une élection ne devrait se passer des Burkinabè de l’extérieur. «ou ça passe ou ça casse.» A-t-il averti.
Dans les autres pays, au Sénégal, par exemple, les ressortissants à l’extérieur ont toujours pris part aux élections, pourquoi pas au Burkina Faso, se demande Hermann Yaméogo.
Au nombre des recommandations, le congrès de l’UNDD a insisté entre autres, sur la nécessité d’un retour au scrutin régional pour les législatives, l’avancement du dossier Norbert Zongo à travers la création d’un tribunal international, la gestion équilibré des opinions, surtout à travers les médias d’Etat.

Ladji BAMA
(Stagiaire)