DECLARATION DE LA SECTION UNDD DE L'UNIVERSITE
PAR RAPPORT AU BAFOUEMENT DES FRANCHISES UNIVERSITAIRES
ET DES DROITS DES ETUDIANTS EN GENERAL SUR LE CAMPUS

Le pouvoir de la IVème République, grisé par le sentiment d'impunité que lui donne sa maîtrise sur les organes de l'Etat et ses soutiens internationaux multiples, vient encore une fois de se distinguer dans sa politique de mépris vis-à-vis des revendications sociales, des droits des citoyens à travers la brutalité d'une intervention sur notre Campus.
Depuis quelques mois, grondent dans notre maison commune, l'Université, des contestations relatives aux conditions de l'enseignement et par rapport à la violation permanente des franchises universitaires.
Là-dessus, est venue s'ajouter la révolte légitime des étudiants de l'UFR/SDS par rapport à un certain nombre de décisions prises par le gouvernement qui ne s'expliquent que par le mépris souverain qu'il a vis-à-vis des étudiants et de l'éducation en général.
Contre le bon sens, contre la justice et des garanties que confère à l'éducation la Constitution, le pouvoir a décidé des mesures de contingentement : en première année de médecine, il y a huit cent (800) étudiants inscrits et le pouvoir de Blaise Compaoré a décidé, selon son bon vouloir, de faire passer en 2ème année, cent (100) étudiants. Les autres, même avec la moyenne pour passer en 2ème année, n'ont qu'à aller se faire voir : ils redoubleront la 1ère année ou seront réorientés dans d'autres filières. Un point, un trait. En pharmacie, le même contingentement est de rigueur et attention à celui qui trouvera à redire à ces décisions !
Cela est tout à fait conforme à la gouvernance de la IVème République.
Alors que les étudiants de ladite UFR se sont réunis pour un sit-in de protestation contre ledit contingentement le mardi 19 Avril, voilà que des gendarmes débarquent sur le Campus pour disperser les étudiants en faisant un usage injuste et immodéré de grenades lacrymogènes et de matraques.
Face à cette agression inqualifiable, les étudiants ont répondu par des jets de pierres. Le bilan partiel fait état de 7 étudiants auraient arrêtés et d'une dizaine de blessés, selon des sources concordantes.
Le mercredi 20 Avril, alors que les cours se déroulaient normalement sur le Campus, à 14 heures, les gendarmes débarquent à nouveau, ce qui entraîne aussitôt le regroupement des étudiants pour faire face à la nouvelle agression. Les gendarmes encore une fois, sur instruction du Directeur de l'UFR/SDS qui n'a pas hésité à traiter les étudiants de " voyous ", font encore une fois un usage immodéré de gaz lacrymogènes pour disperser les étudiants.
Ce qui provoque de nouvelles ripostes par jets de pierres et un nouveau bilan approximatif annoncé de 10 étudiants arrêtés et d'une dizaine de blessés dont une jeune étudiante ayant perdu connaissance. Tout le quartier de l'Université sera perturbé par les émanations des gaz lacrymogènes jusque tard dans la nuit.
L'UFR/SDS est fermée jusqu'à nouvel ordre par les autorités. L'ANEB quant à elle, décide un débrayage actif pour le vendredi 22 avril. Nous sommes dans une logique d'engrenage qui commande que chacun prenne ses responsabilités car ce qui se passe aujourd'hui à l'Université peut se passer demain dans d'autres secteurs de la vie nationale.
Il s'agit là d'une situation qui montre l'enfermement du pouvoir dans la négation des droits garantis par la Constitution ; nul citoyen et encore moins nul contre-pouvoir ne peut rester indifférent.
La section UNDD de l'Université, pour sa part, en appelle à la mise de tous les étudiants du parti ; elle leur demande de s'associer pleinement à toute action légitime de condamnation et demande de réparation du tort causé aux étudiants.
Elle en appelle à la Direction du parti, aux députés, aux structures décentralisées, à tous les militants pour qu'une large information sur la situation inique qui prévaut au Campus de Ouagadougou. Aujourd'hui, ce sont les étudiants qu'on gaze, qu'on bastonne, qu'on embastille. Demain, ce sera au tour des travailleurs, des politiques parce que c'est la loi du régime concentrationnaire Compaoré.
La section UNDD de l'Université demande que soient rapportée la décision portant fermeture de l'UFR/SDS, que soit satisfaite la plate-forme légitime des étudiants. Le gouvernement de la IVème République, à travers l'UFR/SDS, lance un défi à toute l'Université, enseignants et étudiants compris mais également à toutes les forces vives de la nation attachées à la préservation des libertés fondamentales et des valeurs citoyennes de ce pays. Le défi qui est posé à tous, c'est celui de notre capacité à répondre par la solidarité, à l'injustice !

Tous unis dans la défense solidaire des droits des étudiants qui n'ont pas à payer pour l'imprévoyance inadmissible du pouvoir, Nous vaincrons, défendrons nos droits communs et réhabiliterons le Burkina Faso.


Ouagadougou, le 20 avril 2005
POUR LA SECTION L'UNDD DE L'UNIVERSITE

Le Secrétaire général