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MAIN TENDUE DE LAURENT GBAGBO A GUILLAUME SORO Il faut reconnaître que si la réponse que le président ivoirien a donnée à la 1721, en décidant d’engager un dialogue inter ivoirien en lieu et place des médiations internationales, a suscité beaucoup de critiques et d’opposition au début, les choses ont maintenant très notablement évolué. La tendance générale au plan international est pour qu’on donne une chance à ces pourparlers internes. En Côte d’Ivoire même, l’unanimité semble se dessiner pour cette proposition et, plus important, Guillaume Soro est loin d’y être opposé. Au Burkina Faso, il existe une tendance significative de la même évolution. Ils sont plus nombreux les Burkinabé qui rappellent que nos autorités ne sont pas blanches comme neige dans cette crise et qu’elles ont tout intérêt non seulement à prendre le train de la réconciliation mais à en être même la locomotive. L’Observateur Paalga du 8 janvier 2007 ne dit pas autre chose dans sa célèbre rubrique « Commentons l’Evènement », avec ce titre éloquent «Leçon de sagesse pour dirigeants insouciants», qui prévient dans le fond de ne pas « s’étonner de ce que le couvercle de la cocotte minute finisse par sauter » quand notamment « dans un pays qui est l’arrière-cour naturelle des rebelles ivoiriens, les affaires juteuses avec la partie sous contrôle des Forces Nouvelles sont sous le contrôle de trois (pas plus) gros porteurs burkinabé dûment répertoriés avec qui on sait derrière ». Mais il en est d’autres, de médias comme d’acteurs ou d’observateurs, à continuer de suspecter le président ivoirien de ne pas être franc du collier et à rejeter ou prendre avec des pincettes sa main tendue. C’est le cas du journal Le Pays qui, au sujet de cette main tendue, dans son édition du 10 janvier dernier, sous le titre « Laurent Gbagbo –Blaise Compaoré, le baiser de Judas », est tranchant : « Convaincu qu’il perdrait inéluctablement des élections régulièrement conduites, Gbagbo n’est certainement pas pressé de voir la fin de la crise qui secoue son pays et dont il se nourrit allègrement, au sens propre comme au sens figuré ».. Sur la question des pourparlers internes, nous publions dans la rubrique « A vue de monde » le point de vue de Guy Herman Bazemo, Psychopédagogue, et faisons réagir ici des Burkinabé approchés à cet effet. Christian
KONE, Président du PNR/JV : beaucoup qui s’inscrivent en faux contre cette initiative. Les Nations Unies n’y sont pas opposées, Louis Michel de l’Union européenne vient de dire qu’il appuyait, suivant en cela plus ou moins la position de la France (révélée par Michel de Bonnecorse de passage récemment chez nous) et Guillaume Soro lui-même contre toute attente, qui n’a pas dit non. Je pense que les Ivoiriens ont intérêt à tourner la page en s’appropriant leur crise mais tous les pays voisins de la Côte d’Ivoire, en particulier le Burkina Faso, doivent aider à concrétiser cette main tendue. Ca nous permettra de faire oublier beaucoup de choses que nous avons sur le dos. Achille
TAPSOBA, Député CDP, Secrétaire parlementaire
: Je vous remercie. démocrates, c’est de privilégier toujours le dialogue à d’autres voies de règlement de comptes. On ne doit pas refuser le dialogue même si celui qui est en face ou celui qui vous propose le dialogue semble le faire avec une dose de mauvaise foi, et justement, c’est de cela qu’il s’agit. Refuser le dialogue à cause de la mauvaise foi, c’est soi-même s’interdire d’exercer sa propre qualité. Deuxièmement, il s’agit d’une question de confiance. Monsieur Gbagbo a démontré à plusieurs reprises à ses interlocuteurs qu’il n’était pas de bonne foi. Il se peut que, face à l’évolution de la situation, celle-ci se dégrade aussi à son niveau (NDLR : Laurent Gbagbo) avec la perte de vitesse des Patriotes, les problèmes de contestation de plus en plus ouverte dans son camp, avec la reprise en main de certains milieux politiques par l’opposition. Il y a lieu de comprendre que chacun est conscient de la baisse de ses atouts d’où la foi au dialogue. Mais ne nous trompons pas ! Le dialogue en tant que solution de résolution de la crise doit être fondée sur une vertu cardinale : la bonne foi ! Annouchka
STANZLER/YAMEOGO, Secrétaire chargée de l’environnement
à l’UNDD : mouvements de population tant à l’intérieur des pays de la sous région qu’en dehors. Le dialogue a toujours reçu notre préférence, et le président du parti n’a pas craint de prendre son bâton de pèlerin pour aller jusqu’en Côte d’Ivoire où il a demandé à nos compatriotes qui y vivent, de se mobiliser afin de contraindre les autorités à entrer en pourparlers avec leurs collègues ivoiriens pour créer les conditions d’un véritable règlement de la crise. Cette position est dictée par le sentiment que nous avons toujours affirmé, qu’à l’origine de la crise, il y a des parrainages extérieurs qui, tant qu’ils ne lèvent pas le pied, laisseront la situation en l’état. Nous sommes donc heureux de voir qu’après avoir pris des chemins de traverse, on en vienne maintenant à la solution de sagesse qui aurait dû être de mise dès le départ. Mais il n’est jamais trop tard de bien faire, et tout le monde a intérêt à faire en sorte que Guillaume Soro accepte résolument la main tendue du président Gbagbo. Ni l’UNDD ni son président ne recevront de prix pour le courage qu’ils ont eu d’avoir défendu en des temps de braise, des positions qui se vérifient aujourd’hui mais ce n’est pas grave. Que l’on suive les positions qui se manifestent au niveau des Nations Unies, du GTI, de la France, de l’Union européenne, pour encourager la CEDEAO, l’Union africaine à valider la proposition du président ivoirien afin de mettre tout le monde à l’aise pour ce tête à tête ivoirien de la dernière chance. Personne ne doit se formaliser que dans l’opération, on aide les parrains en taisant leurs responsabilités ou qu’on aille même jusqu’à les consacrer faiseurs de paix lorsqu’on sait qu’ils ont défait la paix. L’important, c’est la paix en Côte d’Ivoire, la paix entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, la paix dans la sous région. Arsène SONDE, Etudiant en Sciences Eco Gestion (SEG) Université de Koudougou : Je suis conforté dans ma position. Je ne sais si vous vous rappelez mais j’ai eu à intervenir dans vos colonnes où je disais que la fin de la crise en Côte d’Ivoire va venir par un entrechoc entre ceux qui condamnent Laurent Gbagbo. Tenez-vous bien, ce n’est pas fini. Même ici où des médias font de la défense aveugle des positions du pouvoir en place, ils auront comme on dit, la « honte ». Il n’y a pas longtemps, c’était ATT qui révisait sa position… Pour revenir à votre question, sachez que je suis fortement d’avis avec ceux qui pensent que le dialogue est la meilleure solution et que Soro le demande. Nous ne pouvons que nous satisfaire quoiqu’on reste vigilant à toute tentative de récupération ou d’utilisation de ce dialogue. Il doit rester ivoiro-ivoirien. Arthur
Michel PAGBELGEUM: Jean-Pierre
OUEDRAOGO, Ligue Inter Africaine pour la transparence démocratique
(LIATD) : Je crois que petit à petit, la crise ivoirienne
est arrivée au bout du tunnel. Lorsque j’ai entendu que Michel
de Bonnecorse ne rejette pas le dialogue inter ivoirien, qu’il a
envisagé le cas de figure où Laurent Gbagbo est élu
Président, je me suis dit que même s’il parle toujours
de la 1721, quelque chose a changé. Quand j’ai entendu Louis
Michel de l’Union européenne avoir des paroles conciliantes
vis-à-vis de la main tendue de Laurent Gbagbo, ça m’a
convaincu dans ma pensée. Mais quand on a entendu sur RFI, la radio
mondiale qui n’a jamais eu la dent tendre pour Laurent Gbagbo, annoncer
le réchauffement des relations entre Paris et Abidjan, aller jusqu’à
dire que le président ivoirien est incontournable dans la crise
ivoirienne et relever qu’un diplomate français a dit qu’on
ne fera pas de crispation sur la 1721 si le dialogue ivoirien peut déboucher
sur la résolution de la crise, je me suis convaincu que les choses
avaient réellement changé. Je ne serai pas étonné
qu’au prochain sommet de la CEDEAO, on consacre ce revirement à
Ouagadougou et qu’on boucle ainsi la boucle de cette crise.
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