Mesdames et Messieurs les invités,
Chers amis,
Camarades de lutte,
Merci de votre présence à ce grand meeting citoyen de vérité
et de sursaut. Vous avez bravé les menaces, la peur pour venir nous entendre,
nous encourager et pour recevoir des instructions afin de renforcer la lutte
populaire et nationale pour la grande alternance. Cela nous réconforte.
Nous en avions besoin car en ce moment, le pouvoir, dont l'impopularité
grandit au dedans comme au dehors, a décidé de créer la
diversion et de nettoyer le champ électoral en empêchant des compétiteurs
de s'y inscrire. Le prétexte a été tout trouvé en
ce qui me concerne dans un voyage que j'ai fait à l'étranger et
qui m'a successivement conduit en Côte d'Ivoire, aux USA et en Guinée.
Lors d'un précédent déplacement en Angola, en Afrique du
Sud, en Côte d'Ivoire.., j'avais, pour avoir visité certaines capitales
jugées ennemies du Burkina Faso reçu comme punition, une scission
qui nous a valu de nous retrouver à l'UNDD passant de 17 députés
à 7 députés, perdant le financement public, le groupe parlementaire
et le titre de chef de file de l'opposition que nous avons acquis de haute lutte
avec l'ADF-RDA.
Cette fois-ci, parce que parmi les pays visités, il y aurait encore des
capitales infréquentables, j'ai droit à des accusations d'intelligence
avec des puissances étrangères afin de déstabiliser mon
pays notamment en monnayant de fausses informations, ce qui vaut à Noël
Yaméogo d'être incarcéré à la Sûreté
depuis plus de deux semaines.
Mais plus le temps passe et plus le montage se démonte confondant les
accusateurs qui apparaissent aux yeux de l'opinion comme de vulgaires contrefacteurs.
Le dossier est vide et le pouvoir est dans l'incapacité d'apporter les
preuves de ses allégations. Il ne le peut pas parce que, contrairement
à ce qu'il a affirmé de façon péremptoire, je ne
suis pas allé le 22 en Mauritanie pour comploter avec le président
Ould Taya et inciter un journaliste à envoyer un article violent à
San Finna. Il ne le peut pas parce que Noël Yaméogo, même
s'il a reçu un tract dont on juge que les termes ont inspiré une
correspondance du président Gbagbo à certaines personnalités
dont le président Kufuor, n'en est certainement pas le seul et unique
destinataire. Face à la légèreté des accusations,
je n'ai jamais douté que très vite, l'évidence s'impose
à tous, qu'une fois de plus le pouvoir s'est fourvoyé.
Je vous le dis comme je ne cesse de le dire, preuves à l'appui : du 20
au 25 septembre, j'étais à Conakry, à l'hôtel Novotel
chamber 1107 et si je m'étais rendu à Nouakchott, je ne vois pas
les raisons qui m'auraient amené à m'en cacher. J'ai depuis du
reste envoyé par DHL une correspondance pour demander un rendez-vous
au président mauritanien.
C'est à ce niveau qu'il y a le "hic" qui fait que l'on patauge
et que Noël croupit à la Sûreté. Comme on a affirmé
pompeusement que j'étais en Mauritanie le 22, alors on tourne par ci
par là pour tenter de bricoler quelques preuves comme vient de s'y essayer
minablement le pouvoir à travers un faux publié dans le Sidwaya
du 13 Octobre qui fait dire au président Gbagbo dans une lettre datée
du 22 Septembre qu'il m'aurait recommandé auprès de Ould Taya
et que je lui aurais donné des informations qui lui ont permis de saisir
le président Kufuor pour qu'il convoque un Sommet de la CEDEAO. Tout
le monde aura relevé que si au terme de cette lettre datée du
22, les informations ont pu être communiquées au président
Kufuor bien avant le 23, Noël n'est pas celui qui a communiqué lesdites
informations puisqu'il ne les avait pas encore en sa possession, le fax n'étant
arrivé que le 23 ! Si on a voulu par ce faux publié par les journaux
proches du pouvoir, de Blaise Compaoré et proche de la rébellion
ivoirienne comme Le Patriote, enfoncer Hermann Yaméogo comme l'a dit
Sidwaya, on a aussi disculpé Noël Yaméogo. Il est injustement
inculpé et détenu à la Sûreté ; nous devons
nous battre pour que justice lui soit rendue, pour qu'il recouvre la liberté.
C'est le lieu pour moi de remercier tous les camarades de l'opposition qui n'ont
ménagé aucun effort pour dénoncer la cabale, me témoignant
une solidarité que le pouvoir a vainement tenté de briser par
ses méthodes déloyales de toujours, le lieu aussi de réitérer
mes remerciements à tous ceux, de quelque bord qu'ils soient, qui n'ont
cessé de nous témoigner de la sympathie dans cette épreuve
qu'ils savent être celle de tous les démocrates. Qu'ils sachent
tous que je ne suis pas prêt à courber l'échine, à
renoncer au combat juste et noble de l'opposition pour l'alternance intégrale.
D'ailleurs, je saisis cette occasion pour dire au CDP qu'il n'a pas le monopole
de la "malcause". Pour lui signifier que s'il veut décerner
des titres de traîtrise, d'apatridie, de collusion avec des puissances
étrangères, personne au Burkina Faso, personne en Afrique ne pourra
lui faire la concurrence. Il est champion toutes categories.
Qui ici, dans cette salle, a oublié comment nos actuels gouvernants sont
parvenus le 15 Octobre au pouvoir ? C'est en assassinant leur frère Thomas
Sankara et ses camarades, en frustrant beaucoup de Burkinabé de l'espoir
que représentait pour eux le leader disparu. Y a-t-il plus grande trahison
que ce fratricide ? Ceux qui nous gouvernent, ce sont ceux-là qui ont
fait ce qu'aucun chef d'Etat (depuis Maurice Yaméogo jusqu'à Thomas
Sankara, en passant par Lamizana, Saye Zerbo, Jean-Baptiste Ouédraogo)
n'a jamais fait en termes d'atteintes aux droits humains et d'ingérence.
Quand ils parlent d'apatridie, de collusion avec des puissances étrangères,
acceptons le débat. Eux qui lèchent les bottes de Kadhafi pour
ne pas dire plus, eux qui ont les mains tâchées de tellement de
sang, eux qui sont allés dans des pays étrangers pour aider à
faire des guerres horribles où on boit le sang, viole, coupe les membres
de femmes, d' enfants, des guerres où on pille les richesses des pays
: diamants, or, bois, café, cacao.., n'ont pas de leçon à
donner aux démocrates et patriotes de ce pays que nous sommes. Si nous
ne sommes pas ceux qui aimons le plus nôtre pays, en tout cas ceux qui
nous gouvernent sont ceux qui l'aiment le moins mais la supercherie est maintenant
découverte.
Le peuple, au fur et à mesure qu'il s'enfonce dans la misère et
que eux s'engraissent dans l'opulence, se rend compte que les gens qui gouvernent
ce pays n'ont pas pour ambition de l'aimer et de le servir sinon comment peuvent-ils
laisser ainsi se creuser la fracture sociale, laisser à l'abandon des
secteurs vitaux comme la santé, l'éducation, l'emploi ? Comment
peuvent-ils, s'ils avaient le souci du bien-être du people, bloquer les
salaries et laisser les prix de l'électricité, du carburant, des
transports, des produits de première nécessité, déraper
à ce point ? Comment peuvent-ils souiller ainsi l'honneur de la patrie,
insécuriser le pays et la sous-région en se faisant mercenaries
pour des guerres de rapine ? Un tel gouvernement, qui brade les richesses nationales
au gré de privatisations arrangées, qui laisse en plan des familles
entières, fait la honte de la nation entière et de l'Afrique.
Il est mal plavcé pour donner des leçons de civisme, de morale,
à qui que ce soit.
Camarades, franchement, je vous le demande, peut-on être plus traître
que les hommes de ce pouvoir ? Peut-on être plus apatrides qu'eux ? Dites-moi,
croyez-vous qu'on peut être plus en intelligence avec des puissances étrangères
qu'eux ? Non, vous avez raison et c'est devenu un devoir national pour tout
patriote, pour tout démocrate, pour tout républicain d'entrer
dans une ligue jurée pour réhabiliter les valeurs en déclin
de ce pays et c'est ce que nous vous promettons, dans cette opposition plus
que jamais déterminée à réaliser le changement.
Chers amis, camarades de lutte,
Pour terminer, je voudrais revenir sur la grandeur et la réussite du
meeting d'aujourd'hui. Certains avaient dit, d'autres avaient écrit que
ce meeting n'était pas une bonne idée, qu'il n'était rien
d'autre qu'une rebellion contre l'autorité de l'Etat. On a essayé
de nous décourager, on nous a menacé, on a refusé que notre
publicité passe à la télévision mais nous sommes
là. Nous sommes là pour dire que l'Etat, ce n'est pas Blaise Compaoré
et ses amis. Certes, ils ont kidnappé l'Etat pour en faire leur propriété
mais tous ceux qui sont ici aujourd'hui sont venus dire "Ca suffit"
!
Quand l'Etat républicain fait des choses qui ne sont pas bien, il peut
être condamné par la justice, parce que dans l'Etat de droit, ce
ne sont pas les citoyens seulement qui peuvent répondre devant la justice.
Donc, le président du FFS, Norbert Tiendrébéogo, comme
le president du GDP, Président du Comité de suivi de l'Opposition,
Issa Tiendrébéogo, ont parlé, non pas pour défier
l'Etat mais pour dire à Blaise Compaoré et à son clan qu'ils
n'ont pas le droit de salir le nom de l'Etat, de nous mettre en danger en faisant
venir au Burkina Faso des rebelles pour les aider à attaquer leurs pays
d'origine. Ils n'ont pas le droit de faire ça même si des amis
étrangers les couvrent dans leur travail.
Ces choses-là sont interdites par la Constitution et par les lois internationales.
Ca peut attirer la vengeance sur nous tous ici au pays, ça met en danger
les Burkinabé qui sont à l'étranger, ça gâte
le nom du pays. Lorsqu'on se tait devant quelque chose qu'on ne cautionne pas,
on est lâche ou complice. Les Français disent "Qui ne dit
mot, consent".
Nous, nous ne sommes ni lâches ni complices. On ne consent pas que le
Burkina Faso devienne un Etat mercenaire, un Etat voyou, un Etat terroriste.
Et nous avons décidé, avec ce meeting, de dire devant le peuple,
devant le monde entier, ceci : Blaise Compaoré et les siens, depuis qu'ils
sont au pouvoir, ont systématisé la politique d'ingérence.
Mais il ne suffit pas de dénoncer, il faut se mobiliser pour que tout
ça s'arrête. C'est pour cela que depuis, nous demandons une commission
d'enquête internationale pour venir verifier si tout ce que nous dénonçons
est vrai ou faux, si le Burkina Faso est devenu oui ou non un carrefour international
de mercenaries, des enquêteurs internationaux pour savoir si les Déby,
les Taylor, les Foday Sankoh, les Sam Bokarie, les Johnny Paul Koroma.. et bien
d'autres ont travaillé oui ou non avec Blaise Compaoré, si les
rebelles ivoiriens sont parties de notre pays avec l'aide et la bénédiction
de Blaise Compaoré pour attaquer le pays de Houphouët Boigny. On
peut encore les voir dans dans les boîtes de nuit, rouler dans les grosses
voitures, tamponner par ci par là des gens. Ils sont ici "dans le
beurre" comme l'a dit Halidou Ouédraogo.
De même, le fameux Chaffi et bien d'autres Mauritaniens sont ici dans
des secteurs bien connus de Ouagadougou. Cette façon de faire n'est pas
dans l'intérêt du peuple burkinabé. C'est ça qu'on
ne voulait pas qu'on vienne dire ici, devant les journalistes, devant les caméras,
devant le Peuple. Et c'est pour ça qu'on disait qu'on voulait venir défier
l'autorité de l'Etat. C'était notre devoir, en tant que partis
d'opposition, de dire à Blaise Compaoré, comme le disent les jeunes
: l'aide aux rebelles, "il faut quitter dans ça" ! Ce qui ne
veut pas dire que nous sommes contre les étrangers. Non, nous sommes
d'accord avec les étrangers qui gagnent leurs vies honnêtement
chez nous, en respectant nos us et coutumes mais nous ne sommes pas d'accord
avec ceux qui viennent ici pour rechercher aide, refuge afin d'aller déstabiliser
par les armes leurs pays ou d'autres pays, pour déstabiliser moralement
le pays.
Se réunir à la Maison du Peuple pour affirmer notre différence,
pour nous désolidariser des pratiques honteuses, ignominieuses du pouvoir,
ce n'est pas s'attaquer à l'autorité de l'Etat mais simplement
rappeler qu'un gouvernement, quel qu'il soit, reste le mandataire du people,
agissant en son nom et pour lui. C'est rappeler aussi incidemment que la désobéissance
civile, la résistance à l'oppression, restent justement, conformément
à notre Constitution, des recours suprêmes pour le peuple lorsque
ceux qui le gouvernent, enivrés de pouvoir, en arrivent à se confondre
avec l'Etat, à le dévoyer, à vouloir se pérenniser
au pouvoir.
Chers amis,
Camarades de lutte,
Mille fois merci pour votre mobilisation, pour votre courage, pour votre solidarité.
C'est dans les moments d'épreuves que les amitiés, les fidélités
s'éprouvent, c'est dans les moments les plus difficiles que l'histoire
se construit, que le courage s'affirme et que les qualités politiques
se révèlent. Vous avez montré, face à la situation
actuelle, que vous ne manquez ni de courage, ni de patriotisme, ni de qualités
politiques. Avec cela, nous sommes armés à l'opposition pour faire
éclater encore plus la vérité sur l'imposture de ce pouvoir
et pour baliser davantage notre marche vers l'alternance afin de libérer
notre peuple mais aussi les peuples de la sous-région.
JE VOUS REMERCIE.