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Union Nationale pour la Démocratie et le Développement


Mise à jour le
10/04/2008
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PREMIERE PARTIE
DES LECONS MAL APPRISES DU PASSE ET DE LA CRISE CONTINUEE

  1. HERITAGE COLONIAL

 

En Afrique francophone, l’évolution normale de nos pays vers la démocratie et les indépendances, initiée à partir de la Constitution française de 1946, a été contrariée et bloquée par la constitution putschiste de 1958 du Général de Gaulle dont des copies tropicalisées ont été imposées à nos peuples par des régimes successifs à la dévotion des intérêts français. C’est ce qui explique notamment les crises récurrentes qui ont secoué nos pays à l’occasion de chacune desquelles chaque peuple a essayé de trouver des solutions, tout en essayant d’inventer une démocratie qui garantisse les libertés fondamentales, les droits humains, une gestion responsable et transparente des affaires publiques, une meilleure représentation de la volonté populaire et une meilleure répartition de la richesse nationale.

  1. LES EXPERIENCES NATIONALES

 

Le Peuple burkinabé a une riche expérience de la gestion des crises  et a fait preuve d’un véritable génie inventif pour trouver la forme de  démocratie qui lui convient, ne se départissant pas des principes universels. Ce sont des gouvernants qui, toujours, à peine sortis des périodes chaudes des crises, ont remis en cause  les consensus démocratiques de gestion des affaires. On peut à titre illustratif citer : la crise de 1966 et tout ce qui a été mis en œuvre et les immenses sacrifices consentis par le peuple pour sortir de la crise et redresser le pays ; la crise de 1975 a été surmontée en 1976 par la mise en place d’une Commission spéciale, véritable conférence nationale souveraine avant la lettre pour inventer une forme démocratique consensuelle de gestion des affaires du pays ; la crise de 1987 a vu naître plusieurs initiatives de solutionnement démocratique jusqu’à l’avènement de la 4ème République ; la crise de 1998, plus profonde et plus sérieuse, a vu le peuple dans toutes ses composantes, dans un sursaut patriotique, se mobiliser en acceptant comme plateforme de sortie de crise, le Rapport et les recommandations du Collège de Sages initié par le président du Faso lui-même.
Depuis la relecture unilatérale du code électoral, l’escamotage des recommandations du Collège de sages, après l’organisation de la Journée du pardon, le refus du pouvoir d’appliquer les autres recommandations, le Burkina Faso n’a cessé de replonger dans une crise profonde.

  1. LA CRISE PERMANENTE

 

Les révélateurs de cette retombée dans la crise ont été successivement les protestations et les revendications des organisations syndicales et des partis politiques, les mutineries dans les casernes, les différentes émeutes jusqu’à celle de février 2008 contre la vie chère et les mouvements de protestations en cours des organisations syndicales. Il n’y a plus aucun doute : le Burkina Faso est en pleine crise, et au nombre des principales causes de cette crise, s’inscrit la culture politique de la classe dirigeante actuelle qui est convaincue qu’elle peut rouler le peuple dans toutes ses composantes, pour poursuivre ses entreprises de prédation et de violence politique.
Le pouvoir actuel doit reconnaître qu’il y a crise.

DEUXIEME PARTIE
LA GOUVERNANCE NATIONALE LEGITIME
DIALOGUE REFONDATEUR INCLUSIF ET REPUBLICAIN
(Du Contenu et de la mise en oeuvre)

 

  • DU CONTENU
  • La refondation au plan institutionnel et politique

 

Le cœur du problème, c’est la crise des institutions et la faillite de la représentation politique. C’est là le mal originel qui bouche les artères du corps social, entraînant toutes les manifestations cliniques qu’on observe en terme de monarchisation du régime, de récupération du pouvoir judiciaire, d’impunité, d’insécurité,  de désespérance en la démocratie, de corruption, de mauvaises politiques sectorielles, de fracture sociale et nationale source d’émeutes récurrentes.

La priorité sera la reconstruction d’un système politique reposant sur des institutions de contrepoids, une véritable séparation des pouvoirs, un président élu au suffrage universel direct dans le cadre du régime présidentiel pur ou semi-présidentiel et une assemblée élue dans les mêmes conditions tout en limitant les risques de concurrence entre les deux pouvoirs, ou bien un régime parlementaire avec un premier Ministre nommé au sein de la majorité parlementaire, responsable devant la représentation nationale et un président élu par celle-ci.
L’organe judiciaire sera véritablement émancipé de l’Exécutif avec un Conseil supérieur de la Magistrature désaffilié du pouvoir politique et une Haute Cour de justice  qui, outre ses attributions actuelles,  sera compétente  pour juger tout  citoyen accusé de crimes exceptionnels contre les droits humains.
La réforme concernera le Conseil constitutionnel (prérogatives, composition, saisine…). 

Il faudra ensuite réhabiliter le  droit de suffrage et celui des partis. Ce qui se fera en reconnectant la décision et le contrôle, en combattant  toutes les formes de manipulation électorale pour  redonner  au Peuple les moyens  d’être le propre gardien de son pouvoir :
-reconnaissance de l’initiative législative et référendaire, du droit de révocation des mandats
-promotion au rang de principes intangibles (comme c’est le cas de la forme républicaine de l’Etat), de l’impossible révision de la limitation des mandats à deux termes,  de la révocation des droits à la désobéissance civile et à la résistance à l’oppression.
 -  garantie effective  de  la démocratie par l’assainissement du cadre d’expression politique (conditions de création, de financement et de fonctionnement des partis politiques, des médias, du CSC, de la CENI, de la dépolitisation de l’administration, interdiction de mise en place de structures partisanes en son sein ce qui suppose la fin de la collusion entre le parti au pouvoir  et l’Etat (Parti Etat).
-  délimitation claire des rôles respectifs des partis politiques et des organisations de la société civile pour mettre fin au risque d’instrumentalisation et de confrontation de ces deux pôles.
 -  droit de vote obligatoire, mais  en contrepartie tenir compte des votes nuls et d’un seuil de 50 % pour valider le scrutin.
 
L’armée nationale  sera réhabilitée, modernisée, dépolitisée et ramenée au respect du cantonnement juridique et territorial. La révision du statut des militaires sera une réalité, les méthodes de recrutement des jeunes, revues, pour mettre fin aux passe-droits. Les primes d’installation seront servies aux militaires partis en retraite et qui n’en ont pas encore bénéficié.

 

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