M A N I F E S T E

INTRODUCTION

L’Union Nationale pour la Démocratie et le Développement (UNDD) est une formation politique créée pour la conquête et l’exercice du pouvoir d’Etat en vue de l’épanouissement intégral du citoyen burkinabè et de l’homme en général.

La motivation première de ses fondateurs réside dans la prise de conscience de la réelle fragilité de nos récents acquis politiques et démocratiques et, plus grave encore, du caractère manifestement réversible du processus laborieux qui les a induits.
S’y ajoutent les conclusions qu’une analyse approfondie de la situation nationale, sous régionale et internationale permet de tirer.

En effet, il est loisible à tout burkinabè d’observer et de témoigner du déphasage croissant entre d’un côté le discours rassurant du pouvoir, essentiellement développé en direction des partenaires au développement et autres bailleurs de fonds, et de l’autre la réalité des faits sociaux politiques et économiques qui, inexorablement, demeurent caractérisée par :
- un marasme économique accentué ces derniers temps par la crise en Côte d’Ivoire ;
- une crise sociale rampante, aggravée par le développement de l’insécurité ;
- des velléités de recul démocratique qui se manifestent par l’instabilité réelle ou suscitée dans les partis politiques d’opposition ;
- des incertitudes au plan diplomatique avec un isolement croissant du Pays ;
- une crise de la justice avec une multitude d’affaires pendantes ;
- la culture de l’impunité
- etc.…

La finalité de l’UNDD est donc de promouvoir un développement durable et le rétablissement de l’équilibre social au bénéfice de la société burkinabè par la satisfaction de ses besoins fondamentaux que sont : la santé, l’alimentation, l’eau, l’éducation, le logement, la liberté, la justice, la paix, la démocratie, un cadre de vie et un environnement sains, etc...

Pour y parvenir, l’UNDD se propose de traduire en actes les principes d’action tirés de sa doctrine fondée sur :

- La démocratie, qu’il faut absolument défendre, ici et maintenant, d’une part pour la préservation des acquis arrachés de haute lutte et unanimement approuvés et salués par l’opinion nationale et internationale mais qui malheureusement est entrain d’être louvoyés, d’autre part par la prise de mesures idoines permettant d’ancrer définitivement dans la conscience collective, dans les institutions et dans la pratique politique.

- L’option de l’économie sociale de marché pour corriger les excès de la mondialisation ultra-libérale

- L’option de la gouvernance locale basée avant tout sur le transfert de compétences et de ressources à des collectivités territoriales décentralisées, condition sine qua non d’un développement durable.

- L’option de la gouvernance mondiale basée sur la coopération sous régionale, régionale et internationale et sur une gouvernance globale, seule capable de gérer avec plus de parcimonie et de justice les ressources mondiales en diminution croissante, une gouvernance mondiale seule capable de gérer la sécurité mondiale au profit de tous.

Pour mener à bien son combat et remporter sur tous les fronts les victoires promises à ceux qui, sans se renier, osent, l’UNDD s’attachera selon le principe bien compris de la critique constructive, à proposer un programme d’orientation générale dont les grandes lignes figurent dans le présent manifeste.


I- LA POSITION DU PARTI ET SES RAPPORTS AVEC LES PARTIS D’OPPOSITION

L’UNDD se positionne résolument comme parti d’opposition dont l’ambition est de parvenir à changer un système ultralibéral habillé dans une social- démocratie dont le résultat est un enrichissement croissant d’une classe politique dirigeante au pouvoir et un appauvrissement dramatique de la majeure partie de la population. De ce point de vue, l’UNDD se doit d’entretenir des liaisons fructueuses et dynamiques avec l’ensemble des Partis politiques d’opposition et en particulier avec ceux avec lesquels elle partage tout ou partie de sa vision.


II DES OPTIONS POLITIQUES DE L’UNDD

II-1 DU REGIME POLITIQUE

L’UNDD opte pour un régime parlementaire reposant sur des institutions de contrepoids au pouvoir et caractérisé par :

- Un organe exécutif bicéphale avec :
- Un Président élu au suffrage universel direct pour cinq (5) ans, rééligible une seule fois, garant du respect de la Constitution, de l’intégrité du territoire et du bon fonctionnement des institutions.
- Un Premier Ministre nommé par le Président, issu d’une majorité parlementaire, qui forme le Gouvernement, définit et conduit la politique de la nation.

- Un organe délibérant constitué par un parlement élu au suffrage universel pour cinq (5) ans. Ce parlement a le pouvoir de légiférer dans tous les domaines.

- Un organe judiciaire indépendant des pouvoirs exécutif et législatif ;

- Des organes indépendants de contrôle et de régulation, comme le Conseil supérieur de la Communication (CSC) et la Commission électorale nationale indépendante (CENI) qui existent déjà et d’autres à créer, pour contrôler les conditions d’octroi et d’utilisation de l’aide, pour contrôler la soumission de l’Etat et du pouvoir au droit et pour contrôler le respect des libertés démocratiques.


II-2 DES DROITS ET DES LIBERTES FONDAMENTALES

L’UNDD entend œuvrer à l’instauration d’un véritable Etat de droit garant des libertés individuelles et collectives, notamment :
- la liberté d’opinion et de croyance ;
- la liberté d’expression ;
- les libertés syndicales ;
- la liberté de la presse ;
- la liberté d’entreprise, de circulation des personnes et des biens ;
- etc.…

Pour consolider l’Etat de droit et la démocratie, l’UNDD donnera garantie constitutionnelle pour tous les burkinabè et travaillera à promouvoir de manière effective les droits fondamentaux et inaliénables de l’Homme que sont :
- le droit à la vie ;
- le droit à un environnement sain ;
- le droit à la propriété privée ;
- le droit à la santé ;
- le droit à l’éducation et à l’emploi

L’UNDD prône enfin l’acceptation et le respect du pluralisme démocratique comme base de conquête du pouvoir conféré par le peuple. C’est pourquoi, il travaillera à l’ancrage d’une culture démocratique véritable dans le comportement du citoyen burkinabè.


III- 3 DES INSTITUTIONS REPUBLICAINES

Le paysage institutionnel et la vie politique de notre République sont aujourd’hui caractérisés par le refus d’une gestion équilibrée des opinions, qui se manifeste par un processus d’assujettissement au pouvoir des médias et particulièrement des médias d’Etat, par une confusion savamment entretenue entre l’Exécutif, le Parlement et le Pouvoir judiciaire, au service du premier ; ainsi que par un ensemble de calculs et d’arrière- pensées dans la création des institutions républicaines et dans la mise à leur disposition des moyens de fonctionnement, ce qui en fait des structures constamment dépendantes du pouvoir exécutif.

Ainsi, la pratique de l’Etat de droit, engagée dès l’adoption de la Constitution du 02 juin 1991 demeure t- elle difficile, caractérisée par :
- le non respect des lois, du droit à la vie, du droit des partis politiques d’opposition ;
- la restriction des libertés individuelles et collectives dont les libertés syndicales ;
- le développement d’une administration politisée, affairiste et corrompue ;
- une justice aux pratiques largement partisanes.

Face à cet état des lieux, l’UNDD entend reformer l’Administration, instaurer une véritable décentralisation démocratique et reformer profondément les Institutions de défense et de sécurité.

La reforme de l’administration passera par :
- la mise en œuvre d’un véritable plan de gouvernance politique, économique et sociale ;
- la moralisation de la vie publique, y compris l’action des partis politiques ;
- la gestion rigoureuse des ressources publiques et la lutte contre la corruption au sommet et à la base ;
- la formation continue des ressources humaines dans le sens de créer une administration républicaine déconnectée du pouvoir politique.

S’agissant de la décentralisation, elle s’appuiera sur la création des régions à compétences politiques et économiques autonomes qui favorisera le développement équilibré des différentes parties du pays. Ces régions seront dotées d’organes d’exécution et de délibération élus, avec pouvoir de recourir au référendum régional, avec capacités de négociation internationale pour le financement du développement régional. Au-delà des régions, la décentralisation se traduira par la viabilisation effective des communes rurales, le maintien et l’élargissement des communes urbaines actuelles. Les régions et les communes seront dirigées par des organes élus au suffrage universel pour cinq (5) ans.

Sur le plan de la déconcentration administrative, notre parti se prononce pour une administration de proximité, à travers un découpage du territoire qui allie harmonieusement collectivités territoriales décentralisée et circonscription administrative, en vue d’assurer une représentation de l’Etat qui soit proche des citoyens.

En ce qui concerne la défense et la sécurité publique, le Burkina Faso n’a pas échappé à l’intrusion du pouvoir militaire dans la vie politique qui a caractérisé l’Afrique post coloniale. Tirant leçon de cette situation d’émergence du phénomène des seigneurs de la guerre dans nos Etats, l’UNDD veut promouvoir une reforme des politiques et des organes de défense et de sécurité dans le but ultime d’en faire de véritables instruments de la République au service de la République et du Peuple, et dotés à cette fin des moyens conséquents pour le plein exercice de cette mission essentielle.


III- DES OPTIONS ECONOMIQUES ET SOCIALES

III-1 LES PRINCIPES

Les principes qui gouvernent le domaine politique restent voisins de ceux qui gouvernent le domaine économique. Depuis l’indépendance formelle, et à travers les choix des régimes politiques qui se sont succédés, le Burkina Faso s’est fait l’écho des querelles relatives aux schémas de développement qu’il a expérimentés avec plus ou moins de succès : option libérale, option socialiste, option du capitaliste d’Etat, option de la social-démocratie.

A l’heure de la globalisation, de la mondialisation et face aux limites objectives de l’économie de marché et aux spécificités de nos sociétés tant sur le plan culturel que social, l’UNDD opte pour la social démocratie, postule la prise en compte ex ante de toute la dimension solidaire du développement dans la recherche de la croissance. Sans cultiver le fétichisme et la démarcation idéologique, le parti se situe au centre gauche.

Cette économie sociale de marché reconnaît la nécessité de la coexistence d’un secteur privé dynamique moteur de l’économie et d’un secteur public résiduel non moins actif et performant, surtout dans les secteurs stratégiques tels l’eau, l’éducation, la santé, les infrastructures, la protection de l’environnement et la culture. Elle serait ainsi une approche dynamique et cohérente, articulant les deux (02) pôles essentiels dans la conduite de la vie économique de la nation burkinabè que sont les secteurs privé et public, unissant leurs efforts respectifs dans le cadre de la lutte contre la pauvreté et pour le développement durable.

L’économie sociale de marché milite pour une redistribution optimale des produits de la croissance, la protection et la promotion des groupes sociaux fragiles, mais n’en est pas moins soucieux de la recherche de l’efficacité comme source de création et de distribution des revenus et de la richesse.

Ainsi, pour l’UNDD, l’Etat devra se désengager de la sphère de production et de commercialisation, toutes les fois qu’il est prouvé que le secteur privé est meilleur gestionnaire ou meilleur acteur que lui. Il devra en revanche faire de la réduction de la pauvreté, non une démarche de mode imposée de l’extérieur mais une priorité qui s’appuie sur une participation effective des communautés de base au diagnostic et à l’identification des stratégies pour y parvenir, en tenant compte du potentiel naturel de chaque terroir.

Ce Social libéralisme ne rejette pas le principe des privatisations mais il rejette la façon dont celles-ci sont mises en œuvre. Il affirme que ces processus devront obligatoirement prévoir :
- l’intéressement des opérateurs économiques nationaux dans les prises de participations ;
- l’ouverture du capital des entreprises à privatiser aux travailleurs ;
- l’articulation des plans sociaux de reconversion et/ou de réinsertion des déflatés au processus de privatisation.

Les privatisations dans notre économie ne devront donc plus être considérées comme un dogme intangible. Elles devront s’opérer au cas par cas, avec pragmatisme et en tenant compte des intérêts stratégiques de l’Etat et du Peuple.


III-2 LES SECTEUR DE PRODUCTION ET D’APPUI A LA
PRODUCTION

L’un des constats majeurs que l’UNDD porte sur les stratégies de développement économique du Burkina est qu’elles ne reposent sur aucun schéma d’aménagement du territoire dont le principe est pourtant constamment énoncé par tous les régimes depuis plusieurs décennies déjà. C’est pourquoi, le Parti estime qu’aucune politique, qu’aucune stratégie de développement de notre pays ne peut être durable sans s’appuyer sur un schéma national d’aménagement du territoire qui met en cohérence les potentialités naturelles des différentes régions de notre pays et les choix des investissements économiques.


III-2-1 LES SECTEURS DE PRODUCTION

A- L’agriculture et l’élevage

Au Burkina Faso, le but premier du développement agricole (au sens large) a d’abord été la réalisation de l’autosuffisance alimentaire. Il est aussi de faire de l’agriculture une des bases d’un développement économique soutenu du pays, tout en préservant l’Environnement.

L’UNDD estime que le monde rural vit des difficultés structurelles liées dans une large mesure à la trop grande inconstance dans les orientations, les choix politiques et stratégiques en matière de développement rural. C’est pourquoi, le parti s’attachera à définir une politique agricole résolument participative et basée sur des choix durables, qui assure aussi bien la rentabilité des exploitations que la durabilité des systèmes de production en s’appuyant notamment sur :
- une gestion rationnelle, optimale et durable des ressources productives ;
- la promotion des filières porteuses ;
- le transfert des responsabilités et des pouvoirs aux organisations agricoles.

Il s’agit en somme pour l’UNDD de favoriser l’émergence au sein du monde rural, d’une classe moyenne représentative et capable d’effectuer par elle-même les investissements nécessaires au décollage de la production rurale.

B– L’industrie

Notre politique d’industrialisation est fondée sur la transformation des matières premières locales en étroite liaison avec les options d’aménagement du territoire et de décentralisation politique et économique, en vue de créer des pôles économiques liés aux potentialités des différentes régions.

Pour cela l’UNDD élaborera des règles et un cadre juridique favorisant la concurrence et le partenariat. Elle veillera ensuite à développer les infrastructures nécessaires pour la promotion de l’industrie : communication, télécommunication, énergie, etc.

L’UNDD élaborera et mettra en œuvre une politique cohérente visant la réduction des principales contraintes externes et internes de l’économie burkinabè que constituent :
- le coût élevé des facteurs de production et des services ;
- l’étroitesse du marché local ;
- la fraude à l’importation et la corruption ;
- l’absence ou l’insuffisance d’information économique ;
- les contraintes de financement (accès au crédit) ;
- les choix technologiques ;
- la mauvaise gestion des entreprises (absence de rigueur, lenteur dans les prises de décisions, insuffisance ou absence de formation des opérateurs économiques) ;
- le manque de diversification des sources d’approvisionnement en matières premières et autre intrants intermédiaires ;
- l’insuffisance du contrôle de qualité.

C -Les mines et l’énergie

Dans le domaine minier, il s’agira de rationaliser l’exploitation du potentiel existant, en mettant en place une législation et un code des investissements attractifs pour une exploitation judicieuse au profit des populations locales, des régions et de l’Etat.

L’UNDD travaillera à diversifier les sources d’énergie et à exploiter en priorité les potentialités nationales dans les domaines hydroélectriques , du solaire et du biogaz. Les interconnexions avec les sources d’énergie des Etats voisins seront poursuivies pour autant qu’elles présentent des avantages comparatifs réels.

La question des énergies traditionnelles sera au centre de la politique énergétique de l’UNDD, parce que plus de 80% des ménages de notre pays dépendent encore du bois- énergie. La politique en la matière s’intégrera dans une démarche de gestion participative et durable des ressources forestières.

D – La promotion de l’entreprise

Une réforme des entreprises publiques pour plus d’efficacité et un désengagement de l’Etat des secteurs concurrentiels seront opérés s’il s’avérait que le secteur privé est meilleur gestionnaire que la puissance publique. Les reformes et actions qui seront entreprises se feront selon trois axes prioritaires à savoir :
- le développement d’entreprises privées performantes capables de capter le potentiel de sources de croissance inexploitées ;
- la promotion de l’investissement privé et public ;
- le renforcement des capacités par le développement de systèmes d’information performants, le développement des capacités managériales et de gestion des PME/PMI et le développement d’un plan d’actions spécifiques pour l’entreprise rurale.

E – L’artisanat et le commerce

L’artisanat est une source d’entrée de devises, de valorisation de notre patrimoine culturel et une activité pourvoyeuse d’emplois. L’UNDD entend mieux organiser ce secteur, promouvoir la formation qualifiante des acteurs et leur organisation à travers la création d’une école supérieure des arts et métiers et d’une chambre des arts et métiers. Elle fera de la promotion interne et internationale de nos artisans une priorité.

En plus de l’agriculture, de l’élevage et de l’industrie, l’UNDD entend asseoir une politique commerciale performante et dynamique, véritable catalyseur du développement des autres secteurs d’activités.

La délocalisation industrielle, conformément aux schémas nationaux et régionaux d’aménagement du territoire et le transfert des technologies, le développement des joint-ventures seront préférés à l’importation.

La mondialisation du commerce impose l’ouverture de nos marchés aux autres pays. Par conséquent, les produits burkinabè devront être compétitifs. Le secteur informel du commerce qui fournit trois emplois sur quatre et par lequel des milliers de familles tirent leurs revenus, doit être mieux organisé et bien encadré, notamment en apportant une assistance plus appropriée aux acteurs de ce secteur pour un accès plus facile au crédit. Il s’agit en somme pour l’UNDD de travailler à faire sortir le commerce du secteur informel.


III-2-2 LES SECTEURS D’APPUI A LA PRODUCTION

A) L’environnement et l’eau

La production économique du Burkina repose avant tout sur les ressources naturelles renouvelables que constituent l’eau, les sols et les ressources forestières. Soutenir durablement la production dans les secteurs primaire et secondaire est donc indissociable d’une politique de gestion intégrée et durable des ressources naturelles.
Dans le contexte physique et climatique de notre pays, la gestion de l’eau en tant que facteur de production mais aussi de maintien des équilibres naturels est au centre des préoccupations de l’UNDD. La gestion intégrée des ressources en eau apparaît comme une approche incontournable pour la valorisation d’une ressource naturelle autour de laquelle les conflits sont de plus en plus importants.

L’UNDD s’engage ainsi à développer autant la mobilisation des ressources en eau qu’à favoriser leur gestion intégrée tant au profit de la production, de l’alimentation humaine et animale que de la conservation des écosystèmes. A cet égard, l’accès à l’eau potable pour tous sera un défi permanent à relever au double plan social et sanitaire.

Partant des priorités de notre pays en matière d’environnement et de ses engagements souscrits dans le cadre des conventions internationales relatives à la protection et à la gestion de l’environnement, l’UNDD axera son action sur :
- la restauration du couvert végétal et la lutte contre la désertification ;
- la gestion participative des ressources naturelles. Dans ce domaine, la stratégie du parti sera basée sur un partage de responsabilités entre l’Etat, les collectivités décentralisées et le secteur privé en vue de créer des revenus aux plus pauvres et de contribuer à réduire la pauvreté en milieu rural ;
- la sécurisation foncière ;
- l’amélioration du cadre de vie par la lutte contre les pollutions et nuisances diverses ;
- l’adaptation aux changements climatiques ;
- le renforcement des capacités et de l’expertise nationale.

B) Les infrastructures, les transports et les communications

La production, la commercialisation des biens et services et le transport des personnes supposent l’existence d’un système de transport et de communication performant.

Dans le domaine du transport, l’UNDD s’attachera à résoudre deux questions essentielles : l’existence des infrastructures et leur exploitation efficiente.
S’agissant des infrastructures, l’UNDD s’emploiera à désenclaver l’ensemble des régions et les nouvelles collectivités décentralisées par le bitumage de nouveaux axes routiers, la réhabilitation du réseau existant. Une attention particulière sera accordée au désenclavement des régions à hautes potentialités agricoles et minières et aux liaisons inter- régionales.

Quant à l’exploitation des infrastructures, l’UNDD veillera à une plus grande professionnalisation des acteurs pour leur permettre d’affronter avec efficacité la concurrence qui s’annonce rude dans l’espace UEMOA et bientôt de la CEDEAO ;

L’élaboration et la mise en œuvre d’un plan d’actions de sécurité routière et le développement des transports urbains retiendront une attention particulière du parti.

La promotion du transport rural à travers les moyens de transport intermédiaire sera une préoccupation première dans ce domaine.

C) Le tourisme

Le tourisme et les activités touristiques sont des secteurs porteurs. En vue de leur permettre d’apporter une meilleure contribution à l’économie nationale et de lutter contre le chômage, le parti se fixe pour priorités :
- l’élaboration d’un plan directeur de développement touristique et d’un plan marketing ;
- la valorisation des sites par l’ouverture des voies d’accès et l’aménagement de quelques sites test. Pour ce faire, le privé est appelé à jouer un rôle important grâce à des mesures incitatives prises en relation avec les collectivités décentralisées.

En matière d’hôtellerie, en plus de l’insuffisance des infrastructures d’accueil, on note une très grande concentration des réceptifs à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso. Il est par conséquent impératif d’encourager par des mesures incitatives, un rééquilibrage du nombre de réceptifs entre Ouagadougou et Bobo-Dioulasso et les autres villes des provinces. La contribution des collectivités territoriales est déterminante dans la mise en œuvre de ces mesures.

D) Les finances publiques

Les finances publiques sont déterminantes sur le cours du développement dans nos pays. Elles ont une influence sur la disponibilité et l’emploi des ressources nationales, les structures de financement, la balance des paiements et le niveau d’endettement. L’objectif de l’UNDD est de promouvoir une politique de finances publiques saine et transparente, à travers :
- une rationalisation des choix budgétaires ;
- une optimisation des allocations budgétaires ;
- l’application de règles de gestion transparentes ;
- l’appel à l’épargne publique ;
Toutes choses qui contribueront à renforcer la qualité de l’administration, à assurer une bonne gouvernance et à permettre la réalisation des objectifs de développement.

Dans le cadre de la décentralisation, l’Etat devra assurer le transfert effectif de ressources financières aux collectivités décentralisées à travers une révision concertée de la gestion des produits des taxes afin de financer le développement local.

Le renforcement des capacités et de la transparence dans la gestion des institutions locales d’épargne et de crédit apparaît comme une nécessité pour promouvoir l’accès des communautés rurales aux ressources pour le financement de leurs projets de développement.

E) La politique fiscale

La politique fiscale actuelle de notre pays apparaît clairement comme dissuasive vis-à-vis des PME. C’est pourquoi l’UNDD entend proposer une politique fiscale qui incite les opérateurs de l’économie à ne pas contourner le fisc.

III-3 LES SECTEURS SOCIAUX

A) De l’accès aux services sociaux de base

Basée sur l’analyse des faits pertinents à des échelles locales, la conviction de l’UNDD dans le domaine des services sociaux de base est qu’il faut travailler à faire de l’accès à l’éducation et aux soins de santé un besoin des communautés de base plutôt qu’un simple droit « octroyé » par l’Etat. Cela ne sera possible qu’en travaillant d’abord à accroître les moyens d’existence de ces communautés, c’est-à-dire à les soustraire de la pauvreté, afin qu’elles sentent le besoin de contribuer par elles-mêmes aux efforts de l’Etat en vue de l’amélioration des conditions d’accès aux services sociaux de base.

L’UNDD entend donc élaborer une politique sanitaire visant à appuyer les efforts des communautés de base, à développer et équiper les infrastructures sanitaires dans l’optique d’assurer les besoins des populations en soins de santé primaire et en matière hospitalière.

La reforme de l’éducation est pour l’UNDD une priorité absolue, afin de mettre fin à une politique d’éducation imposée de l’extérieur et basée sur les seuls résultats statistiques. La reforme de l’éducation qui s’appuiera sur l’ensemble des acteurs de l’éducation et en particulier les collectivités décentralisées, devra partir des choix stratégiques en ce qui concerne (i) l’image qu’on veut des jeunes scolarisés à la fin de chaque cycle éducatif et (ii) les débouchés du système éducatif à la fin de chaque cycle et selon le type d’enseignement.

B) De la solidarité nationale et de la promotion sociale

En matière d’action sociale et de solidarité nationale, l’UNDD encouragera la mise en œuvre de mécanismes conformes aux traditions africaines de solidarité et adaptés aux modes d’existence modernes qui permettent de renforcer l’assistance mutuelle au sein des groupes sociaux.

Une véritable caisse de solidarité financée par les sociétés, entreprises publiques et privées, les partenaires au développement, les Organisations non gouvernementales en vue de faire face aux calamités sera créée.

L’UNDD mettra tout en œuvre pour que la femme bénéficie du juste prix de son travail, de ses efforts et pour assurer sa promotion économique, sociale et politique. Pour ce faire, des dispositions juridiques seront prises visant à renforcer le combat contre toutes les pratiques sociales négatives et dégradantes pour la femme et à assouplir ses sollicitations domestiques, à améliorer ses perspectives professionnelles et son accès à l’éducation et au crédit.

En ce qui concerne l’Enfant, la Chartre sur le droit des enfants sera appliquée. Il sera accordé plus de chance aux enfants déshérités par le biais de l’assistance publique ou communautaire.

C) De la promotion de l’emploi

La lutte contre le chômage et l’exode rural sera engagée en transférant au profit des régions une partie des compétences de l’Etat, en incitant aux investissements dans le secteur rural, en veillent à garantir les droits des travailleurs.

Les codes du travail et de sécurité sociale seront révisés à travers une démarche impliquant pleinement les travailleurs eux-mêmes.

Le programme d’éducation, de formation et d’emploi prendra en compte les aspirations de notre jeunesse désabusée par une politique ultra libérale dont les conséquences sont désastreuses sur cette frange de notre peuple qui porte les espoirs du pays.

D) De l’habitat

L’UNDD se donne pour ambition de permettre à chaque burkinabè d’accéder à un logement décent. La promotion de sociétés civiles immobilières (SCI) afin de réaliser le lotissement et la viabilisation des agglomérations urbaines et rurales sera encouragée, tout en veillant cependant à une gestion responsable et équilibrée du domaine foncier.

La promotion des matériaux locaux de construction sera encouragée pour atténuer le coût des constructions.
Une politique d’urbanisation et d’amélioration du cadre de vie sera initiée dans les zones semi urbaines. La rationalisation de l’aménagement des villes sera promue compte tenu des moyens.
L’UNDD entend promouvoir l’accès au logement pour les travailleurs à revenus faibles et moyens en développant, avec les collectivités décentralisées notamment, des stratégies incitatives d’accès à l’habitat. Dans ce cadre, les mécanismes d’accès à la banque de l’habitat seront adaptés aux conditions socio-économiques des populations et faciliteront ainsi l’accès au crédit.

E) De l’art et de la culture

L’UNDD œuvrera à l’éclosion d’une culture nationale riche du brassage des cultures revalorisées des différentes ethnies. Elle reprouve la politique qui consiste à écarter les valeurs du passé comme décadentes, autant que l’ethnocentrisme culturel qui consiste à se replier sur soi-même en prônant un retour aux sources ou à imposer aux autres, voire aux règles de gestion de l’Etat, des valeurs culturelles propres à un groupe.

En collaboration avec des partenaires publics et/ou privés, nationaux ou étrangers, l’UNDD renforcera la création de journées régionales de culture à côté des journées nationales, des écoles de théâtre régionales à côté d’un théâtre national, des musées régionaux à côté d’un musée national, des ensembles nationaux et régionaux.

Elle travaillera à rendre les manifestations culturelles internationales telles que le FESPACO ou le SIAO plus attrayantes pour le secteur privé, en vue de susciter la participation de ce dernier à leur pérennisation.

F) Du sport et des loisirs

En tant que puissant acteur de cohésion nationale, de développement individuel et collectif, le sport sera soutenu et promu dans les zones rurales et urbaines. Parallèlement, le sport de compétition de haut niveau sera pris en main et financé conséquemment afin que le Burkina puisse être dignement représenté sur l’échiquier international.

L’UNDD étudiera les stratégies idoines pour relancer les maisons des jeunes et de la culture comme véritables épicentres des loisirs, du sport et de la culture dans les départements et agglomérations de notre pays.

G) De la recherche scientifique

Les succès enregistrés par les nouveaux pays industrialisés sont dus en grande partie au fait qu’ils ont investi dans l’éducation, la recherche scientifique, la formation et les transferts de technologie. Le manque de cadre, de main d’œuvre qualifiée et l’organisation institutionnelle inadaptée constituent des goulots d’étranglement à l’industrialisation et au développement économique.

C’est pourquoi l’UNDD s’attachera au-delà de la reforme du système éducatif, à bâtir une véritable capacité nationale de recherche scientifique et technologique au service d’un développement durable du Burkina Faso.


IV- DE LA POLITIQUE DE COOPERATION

Le monde aujourd’hui est confronté à des problèmes de dimension planétaire qui ne peuvent être surmontés que par des solutions intégrant cette dimension dans le respect des spécificités de chaque peuple, de chaque nation.

La politique de coopération de l’UNDD se fondera donc sur le constat de la complémentarité des différentes régions du monde.

L’interdépendance et le partenariat étant des impératifs, la politique étrangère de l’UNDD se basera sur une nouvelle vision des relations internationales, dégagée à partir d’un bilan critique de cette coopération et d’une analyse approfondie de certaines alliances de notre pays.

IV-1 l’intégration régionale

Le Burkina Faso a toujours été partie prenante des multiples tentatives plus ou moins heureuses d’intégration politique et économique qui ont vu le jour en Afrique en général et en Afrique de l’Ouest en particulier.

A l’heure de la mondialisation et de la globalisation, l’UNDD est convaincue que seule l’union des Etats, à travers une intégration véritable basée sur une politique de rationalisation des flux migratoires, rééquilibrage économique (qui s’appuierait par exemple sur des fonds structurels) et une saine exploitation de la complémentarité de leurs économies leur permettra :
? d’accroître leur capacité collective de négociation ;
? de définir une stratégie adaptée d’insertion dans l’économie mondiale par une compétitivité accrue.
Aussi, en appelle-t-elle aux Etats d’Afrique à prendre conscience de la dimension historique de l’enjeu afin de dégager une réelle volonté politique pour accéder et réaliser l’intégration économique africaine. Dans ce sens, de grands programmes intégrateurs devront être lancés ou poursuivis (transport aérien, interconnexion ferroviaire…) tout en accordant une place prépondérante au secteur privé dans le dispositif institutionnel.

IV.2- La fédération

L’UNDD est convaincue que seule la fédération des Etats peut sauver l’Afrique de l’immobilisme, de la misère et de la pauvreté, par l’optimisation de l’exploitation des richesses et des potentialités humaines et matérielles. Elle souscrit à la réalisation de l’unité africaine par la création d’entités régionales viables. La construction de la fédération à l’échelle du continent devra être l’étape ultime et nécessaire d’une telle politique de régionalisation.

IV.3- La coopération internationale

En matière de coopération internationale, l’UNDD est favorable à une coopération ouverte, diversifiée et multiforme. Le parti œuvrera pour la préservation et le renforcement des relations entre le Burkina Faso et tous les pays du monde, entre le Burkina Faso et les institutions internationales sur la base :
• du respect réciproque des différents peuples ;
• de la non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats ;
• du respect des valeurs de paix, de démocratie, des droits de l’homme ;
• de la protection de l’environnement ;
• des accords internationaux et des principes de la gouvernance mondiale pour une meilleure prise en compte de la sécurité collective, de la protection des droits de l’homme et de la démocratie.

De façon particulière, l’UNDD renforcera la coopération arabo-africaine et la coopération avec le continent asiatique qui présente avec le continent africain des similitudes, en vue de favoriser le dialogue et les échanges mutuellement avantageux, en particulier dans les domaines économique, financier, scientifique, technologique, culturel, social et diplomatique.
Avec l’Amérique du sud et l’Océanie, une coopération renforcée sera établie dans les mêmes domaines.

Enfin, avec le monde occidental, l’UNDD entend repenser un nouveau type de coopération fondé sur le dépassement du cadre actuel pour intégrer véritablement les préoccupations du continent africain. Pour ce faire, l’UNDD veut substituer aux tendances actuelles de la coopération internationale, une coopération de transferts véritables, principalement financiers, industriels et technologiques, au profit du Burkina et de l’Afrique.


CONCLUSION

Ce manifeste se veut d’abord l’expression de la volonté politique profonde des fondateurs de l’UNDD de stigmatiser les menaces qui planent sur notre processus démocratique et de la détermination de ce parti de le défendre pour relever le défi de l’alternance démocratique au Burkina Faso. Il est aussi la traduction d’un engagement résolu à sceller un nouveau pacte avec tous les démocrates de ce pays qui, redoutant les mêmes craintes, partageront cette ambition.
Ce manifeste préfigure un programme d’orientation générale nouveau pour le pays qui rejette l’aventurisme politique et la fuite en avant qui peuvent résulter de la poursuite d’ambitions démesurées n’autorisant des rêves de grandeur que pour les seuls dirigeants.
Les hommes et les femmes ayant mis leur confiance et leur espoir en l’UNDD devront sans délai faire connaître et expliquer le contenu de ce manifeste qui pourra contribuer à impulser une refondation de l’opposition républicaine dans ce pays.


Adopté à Ouagadougou le 11 février 2007

Le Congrès