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04/12/2007
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Chavez accepte ce que De Gaulle avait refusé
La gifle infligée au président Hugo Chavez pour le corps électoral vénézuélien, qu’a rejeté les réformes constitutionnelles, a inspiré à Noël Yaméogo, conciliateur dans le bureau exécutif national de l’UNDD la réaction suivante.

Comme disait Joseph de Maistre, « Les peuples n’ont que les dirigeants qu’ils méritent », le Venezuela vient de lui donner raison en refusant le bonheur à vie que lui proposait Hugo Chavez à travers sa réforme proposée de la Constitution. L’événement n’est pas seulement important au niveau du Venezuela ; il l’est dans le contexte américain et mondial.

Au Venezuela, ce qu’on retient, c’est que malgré les dollars, les menaces, l’emprise sur les médias, malgré l’excitation des instincts primaires antiaméricains et anti-Bush, la volonté de Chavez de faire une razzia sur le pouvoir politique et économique du pays, a échoué. C’est une véritable révolution qui ramènera sur terre cet homme qui se prenait pour un Dieu vivant.

Ce résultat prouve aussi au monde entier qu’une opposition peut être absente de l’Assemblée et vivante dans le cœur du peuple. Au niveau de l’Amérique, ce n’est pas tellement la victoire de Bush contre Chavez qu’il faut retenir puisque c’est sous cette affiche que le premier Vénézuélien annonçait le match électoral, c’est au niveau de l’influence incontestable qu’il exerçait dans le sous continent, enrôlant dans la foulée d’une politique anti-Bush trop exacerbée.

Le rêve monarchique risque par ce sursaut populaire de prendre un coup dans cette partie du monde. Les leçons de ce non courageux sont aussi à retenir pour les démocraties africaines.

Avec de la détermination, de la solidarité et de désintéressement, ils peuvent se prémunir comme les Vénézuéliens, de leurs gouvernants rapaces qui ne sont animés que par la volonté de se pérenniser au pouvoir ou d’établir des successions monarchiques au pouvoir.

Bravo donc aux Vénézuéliens qui, en se redonnant de l’espoir, en redonnent au monde entier. Les opposants au Venezuela pourront maintenant donc entamer le travail de refondation de leur démocratie si profondément dénaturée par Chavez, refondations que, pour les mêmes raisons, nous à l’UNDD, on ne cesse de demander !

Félicitations au peuple vénézuélien

Dans notre pays, l’lmpérieuse nécessité d’une refondation dans tous les secteurs d’activités s’impose, avec à la clé un renouvellement de la classe politique dirigeante. Les dirigeants africains doivent savoir s’adapter à l’air du temps et éviter de se faire surprendre par des peuples de plus en plus férus d’alternative et d’alternance.

Si en Russie, on se demande ce que Poutine va faire de sa victoire (même si c’est une victoire sans gloire gagnée par un hold-up sur l’Etat et sur les instruments électoraux), on pourrait au contraire au Venezuela, se demander ce que Chavez va faire de sa défaite.

Elle est ici inversement proportionnelle au plébiscite poutinien. Ce dernier a mis son équation personnelle dans le suffrage, exactement comme Chavez. Il a fait « banco » et la voie lui est royalement ouverte DOW décider de la nature de la gouvernance du pays.

Mais Chavez, lui, a tout misé sur sa personne et n’a récolté qu’un fiasco, il doit en tirer les leçons pour avoir personnalisé ce référendum. C’est ce que logiquement le Général Charles de Gaulle a fait lorsqu’après avoir mis son prestige dans la proposition de réforme sur les institutions et que le peuple a dit non, il a rendu sa démission.

Chavez en fera-t-il de même, lui qui n’a plus la légitimité et qui se voyait comme un Castro bis, au pouvoir jusqu’en 2050 ? On peut en douter car l’homme a suffisamment montré un goût excessif et déraisonné du pouvoir pour prétendre à la véritable grandeur d’homme d’Etat comme de Gaulle.

Comme il serait encourageant pour la démocratie que les pays qui se déclarent les défenseurs de la démocratie, trouvent le moyen de féliciter le peuple vénézuélien et toutes les oppositions qui luttent contre les dictateurs qui violent le suffrage populaire, qui triturent leurs constitutions pour rester 20, 30 ou 40 ans au pouvoir.

Ouagadougou, le 03 décembre 2007.

Noël Yaméogo

Conciliateur dans le bureau exécutif national de l’UNDD