L’UNDD A L’EAU VIVE ME HERMANN YAMEOGO S’EXPLIQUE NOTAMMENT SUR LE DOSSIER IVOIRIEN
Mercredi, 09 Mars 2011 17:29
Ce samedi 19 février 2011, l’Eau Vive a refusé du monde. Pas étonnant ! Me Hermann Yaméogo, président de l’Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD), revenant d’une visite en Côte d’Ivoire au cours de laquelle on avait laissé entendre qu’il rencontrerait les autorités ivoiriennes, avait convoqué le Bureau exécutif national de son parti et les responsables des structures du Kadiogo, pour informations.
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C’est tout à fait à l’aise, entouré des vice-présidents le Docteur Salif Ouédraogo et El Hadj Amadou Dabo, de représentants de jeunes du parti (Kogo Adama et Désirée Kanyala), que Me Hermann Yaméogo a ouvert la séance.
Il s’agissait d’aborder des questions liées à l’actualité internationale et nationale.
Pour le premier point, c’est évidemment son déplacement en Côte d’Ivoire qui a retenu l’attention. Il s’en est expliqué aux membres du Bureau Exécutif national et aux responsables des structures de l’UNDD du Kadiogo.
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Si sur ces trois points, il a obtenu satisfaction, il n’en a pas moins eu connaissance d’un certain nombre de griefs qui lui ont fait comprendre qu’il ne fallait pas prendre l’affaire Burkina Faso/Côte d’Ivoire à la légère mais s’employer au plus vite à intercéder auprès de tous ceux qui ont une quelconque influence pour obtenir l’apaisement et écarter toute voie de confrontation (économique, commerciale, militaire…) pour privilégier le dialogue.
Les membres du BEN ont tour à tour félicité l’initiative et porté à la connaissance que ce départ a non seulement été autorisé par le parti mais que tout avait été mis en œuvre pour qu’indirectement, les plus hautes autorités du Burkina en soient non seulement saisies mais sachent aussi ce qui devait y être dit. Tour à tour, le Docteur Salif Ouédraogo, premier Vice président et Coordonateur nationale, El Hadj Amadou Dabo, Deuxième Vice Président, ont insisté sur ces aspects importants.
Le premier a martelé que l’UNDD est un parti de paix qui n’approuvera jamais que l’on arrose de sang les chemins d’accession au pouvoir à un homme. Il a, à propos du conflit ivoirien, stigmatisé cette politique à double détente qui autorise à glorifier les Conseils constitutionnels, à passer sur leurs « hauts faits » contre la démocratie et à les condamner, allant jusqu’à se substituer à eux pour désigner des candidats élus, à la tête du client. S’il y a à dire contre le Conseil constitutionnel ivoirien, il y a encore plus à condamner contre le Conseil constitutionnel gabonais, ceux togolais, burkinabé, tchadien, etc.…
Le vice Président Dabo Amadou a bien précisé qu’à l’UNDD, on avait la conscience tranquille d’avoir fait ce qu’il fallait et d’avoir dit ce qu’il fallait dire : demain, on ne pourra pas nous reprocher de n’avoir pas prévenu, de ne s’être pas impliqué pour la paix.
Abordant les autres questions internationales, la révolution démocratique arabe a été appréciée comme un phénomène qui a toutes les chances de gagner l’Afrique au sud du Sahara. Les animateurs de cette rencontre ont expliqué d’abord qu’il existe des différences entre le Burkina Faso (nous n’avons pas de prisonniers politiques au Faso, ni droit à des exécutions de journalistes ou de personnalités politiques…), concluant cependant que dans le fond, les mêmes causes qui ont déclenché ces révolutions (demande de plus de libertés publiques et démocratiques, demande d’emplois, d’éducation et de soins de santé) existent aussi chez nous et parfois en termes plus exacerbés.
C’est pour cela qu’abordant les questions liées à l’actualité nationale et essentiellement centrées sur les réformes, la plupart des intervenants ont exprimé le doute qu’on ne soit déjà dans la phase délicate de ces réformes où le doute se substitue à l’espérance. Voilà quatre mois que les élections sont terminées et toujours rien, dira le Vice président et Coordonateur national du parti, le Docteur Salif Ouédraogo, alors que les élections couplées approchent. Si l’on n’y prend garde, on risque encore de se retrouver devant les mêmes désillusions. Ce qu’il faut dénoncer ici, selon lui, c’est notre art, tous domaines confondus, de s’occuper beaucoup plus de la paille qui est dans l’œil de nos voisins plutôt que de la poutre qui afflige nos yeux. Nous sommes trop vite partis pour donner des leçons de démocratie aux autres alors que nous sommes loin d’être des références.
Sur cette question, Me Hermann Yaméogo a prévenu qu’il ne fallait pas prendre l’affaire de la Côte d’Ivoire sur nos têtes et transposer dans notre pays, des batailles qui nous enferment dans les mêmes impasses et nous éloignent de nos propres besoins de réformes.
Tous ont reconnu qu’ils n’accepteront pas de réformes biaisées, ni le prétexte de la crise ivoirienne pour renvoyer les décisions aux calendes grecques. Le Vice président El Hadj Amadou Dabo, revenant sur l’article 37, a souligné que personne sur cette question, ne pouvait donner de leçon à l’UNDD puisque les dirigeants de ce parti ont été à l’origine du compromis avec le pouvoir qui a permis, grâce aux travaux préparatoires de la Commission constitutionnelle, d’en venir à la limitation du mandat présidentiel. Il a rappelé cette époque : les partisans du pouvoir voulaient le déverrouillage du mandat contrairement à la III et à la seconde République alors que les actuels animateurs de l’UNDD se battaient pour un mandat de 05 ans limité à deux exercices. La cote mal taillée a consisté ici, pour le chef de l’Etat, à accepter la limitation que nous demandions mais à contenter aussi son camp en optant pour le septennat plutôt que le quinquennat.
La réunion, après le départ des journalistes, s’est poursuivie dans des débats entre la Direction et les militants.
CY




