HUITIEME FORUM DE COMMUNICTION
ALTERNATIVE DE L’UNION NATIONALE POUR LA DEMOCRATIE ET LE DEVELOPPEMENT (FOCAL)
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Thème :
« AVANT LA REFONDATION,
LES RECADRAGES HISTORIQUES»
3 parties :
AVANT LA REFONDATION,
LES RECADRAGES HISTORIQUES
Pendant que nous étions ADF puis ADF/RDA, les responsables que nous sommes, n’avons eu de cesse de demander la prise de certaines décisions pour véritablement mettre la démocratie sur les rails et d’autre part, pour mettre fin à la sortie de route qu’elle connaissait.
A l’UNDD, nous continuons plus que jamais de poursuivre cette double revendication qui participe de notre souci de refonder la démocratie. Refonder la démocratie, tel est notre credo.
Nous avons fait en effet le constat que l’espoir immense qui avait été fondé dans la 4ème République pour la restauration démocratique après cette longue éclipse de 1982 à 1987, a été trahi. Au lieu de poser les bases d’une démocratie dépouillée des habitudes acquises dans les régimes d’exception et de lancer un véritable processus d’institutionnalisation qui renforce la cohésion nationale, au lieu d’asseoir la pratique démocratique sur les primats de la séparation des pouvoirs, du respect du droit de suffrage et de l’opposition, le pouvoir s’est orienté sur l’édification d’une pure démocratie de façade.
Au-delà du clinquant, de la croissance positive, des élections répétées à due échéance qu’on affiche comme gage de stabilité, de progrès, nous savons qu’il y a un modèle de gouvernance qui emprunte beaucoup aux régimes autoritaires de par le monde, qui ont pu et peuvent encore se réclamer de taux de croissance positifs, de renouvellement de leurs organes institutionnels à due échéance selon une pratique propre de la démocratie, sans être représentatifs d’une démocratie respectueuse des valeurs qui la fondent.
A l’UNDD, nous pensons qu’il faut absolument dégager un consensus pour mettre fin à cette déconstruction démocratique. A cet effet, nous avons déjà à plusieurs reprises, formulé un train de réformes structurelles. Mais si l’on veut mener une lutte positive et obtenir que notre pays puisse avoir des institutions adaptées et surtout une mise en œuvre de la démocratie qui soit fidèle, il faut prendre soin d’opérer des recadrages historiques.
Nous devons refaire la connaissance de notre pays, de ses hommes, de ses femmes, pour mieux déterminer la nature de leurs besoins, pour mieux comprendre leurs différents comportements. Nous devons le faire pour opérer des recentrages sur la vision de certains grands évènements nationaux et pour mieux distribuer les rôles que des femmes et des hommes ont eus dans l’édification de la nation et la construction de ses institutions. Pour savoir où aller, il faut savoir d’où on vient.
Il se trouve que la jeunesse burkinabé, porteuse d’avenir, n’a pas les perceptions qu’il faut pour assumer ses responsabilités futures dans la meilleure connaissance du passé national.
Il y a que, ne trahissant pas une tradition, les gouvernants ont toujours, dès qu’ils ont accédé au pouvoir, construit l’histoire de façon unilatérale, de façon appropriative.
Ce sentiment, nous l’avons particulièrement ressenti à l’occasion de la double commémoration du 15 Octobre où deux images et deux propositions étaient données de notre pays.
La première, qui renvoyait à la période révolutionnaire le plus grand moment de l’histoire de notre pays en occultant grand nombre de ses déviances, voulait apporter la preuve a contrario du système mis en place depuis 1987, que seule la Révolution était porteuse d’avenir pour le pays.
La deuxième, qui avait décrété que depuis 1987, le pays s’était engagé dans la voie que le peuple a toujours attendue et que les réussites accumulées sont bel et bien significatives d’une renaissance démocratique (passant aux pertes et profits bien des dérives), suggérait que c’est dans cette voie et cette seule voie que le peuple trouvera son bonheur.
Il y a dans ces deux conceptions, des contre-vérités historiques qu’il faut dénoncer avant d’aller plus en avant dans la voie de la refondation démocratique qui, pour nous, reste la seule capable de réaliser le consensus qui a toujours manqué dans la mise en œuvre de nos institutions et dans l’organisation de la vie politique.
Et c’est pour cela justement que nous voulons investiguer l’histoire pour mieux éclairer les choix futurs des citoyens en y établissant ce qui a été fait de bon comme de mauvais, en tentant de déterminer certaines constantes dans l’attente des Voltaïques devenus Burkinabé, qui ne peuvent pas être méprisées sans dommage dans l’édification nationale.
Voilà le thème central de notre FOCAL d’aujourd’hui.
CELEBRATION DU 11 DECEMBRE
ADHESION CRITIQUE DE L’ UNDD
Après une rupture de plus de deux décennies, notre pays renoue avec les célébrations du 11 décembre. Qu’en pense l’UNDD qui a toujours demandé que l’on retienne cette date comme fête nationale et qui a régulièrement dénoncé les célébrations fastueuses qui ne tiennent pas compte des problèmes difficiles du pays ?
Le présent entretien vise justement à échanger avec vous autour de cette position qui, je peux vous le dire, se définit par une adhésion critique.
Parlons d’abord de l’adhésion.
L’ADHESION
Nous adhérons à cette commémoration pour des raisons bien simples. Notre histoire nationale regorge de dates historiques mais aucune d’elles ne rencontre une adhésion populaire massive de façon qu’elle puisse être célébrée de façon consensuelle. La plupart représentent des coups d’Etat et tout le monde sait qu’un coup d’Etat est inséparable de fractures nationales. Les seules dates que le parti a toujours distinguées comme présentant une certaine neutralité et un caractère consensuel sont le 5 août, le 1er novembre et le 11 décembre.
Mais le 11 décembre, pour plusieurs raisons, a toujours rencontré notre préférence. C’est une date qui représente un des éléments fondateurs de notre identité nationale, de notre conscience républicaine. C’est ce jour-là que, passant outre les dispositions contenues dans la constitution française et qui régissaient les relations entre la métropole et les territoires d’outre-mer, la république a été proclamée le 11 décembre 1958. Il s’agit là d’un acte particulièrement révolutionnaire compte tenu des circonstances du moment.
Nous avons toujours aussi préféré le 11 décembre parce qu’il représente une réaction contre une tentative de monarchisation constitutionnelle du pouvoir, avec la complicité de l’ancienne puissance coloniale, et est de ce fait porteur d’un symbolisme de courage, d’indépendance et de résistance à l’oppression.
Le 11 décembre est une date qui convient à une célébration nationale car la pratique s’était instituée, pour des raisons de pluviométrie, de la célébrer en même temps que le 5 août (date de proclamation de l’indépendance), le 11 décembre. On faisait ainsi d’une pierre, deux coups. C’était plus pratique, plus économique.
Mais autant nous adhérons à l’initiative prise de redonner toutes ses lettres de noblesse au 11 décembre, autant nous émettons des critiques.
II. CRITIQUES
L’UNDD ne voudrait pas que l’on instrumentalise le 11 décembre et qu’au lieu de faire une rétrospective des expéditions dans le passé pour ancrer l’importance de cette date dans la conscience collective et remettre en lumière le rôle de certains acteurs de notre vie nationale, on tourne les projecteurs vers les gouvernants du moment pour vanter leurs mérites.
De ce point de vue, le thème retenu pour ce 11 décembre, semble inapproprié comme du reste a été le choix sur la « renaissance démocratique ».
Il eût mieux valu, de notre point de vue, choisir un thème lié à des valeurs permanentes ou à des préoccupations propres à la période considérée.
En choisissant comme thème « Décentralisation citoyenne et développement », on détourne la fête de son objectif pour tomber dans le panégyrique du régime puisque la décentralisation est un de ses thèmes majeurs dont le pouvoir se targue de l’avoir conduit dans des conditions satisfaisantes surtout que, sur cette question, il reste bien d’illusions à dissiper.
Pour le parti aussi, parce que nous vivons des moments difficiles, des moments de contestation au plan social, au plan politique, au plan militaire, cette fête (surtout qu’elle précède le 13 décembre) risque de se passer dans des conditions où certains n’auront pas le cœur à la fête. Il faudrait justement en tenir compte et prendre des dispositions qui satisfassent certaines revendications ou qui dégagent des perspectives de les satisfaire.
Le 11 décembre, de notre point de vue, doit être une rétrospective mais aussi une prospective qui exalte la solidarité : trouver les moyens d’anticiper sur les difficultés alimentaires que beaucoup craignent dans un avenir prochain serait indiqué.
Voilà en conclusion la position de l’UNDD par rapport au 11 décembre et que nous voudrions partager avec vous.
GARDIENS DE LA MEMOIRE
(GAM)
Mesdames et Messieurs les Journalistes,
Chers invités,
Camarades responsables des structures provinciales, départementales, communale,
Je suis heureux d’échanger avec vous autour d’une proposition qui participe de notre volonté de favoriser le recentrage de notre histoire afin de mieux défendre notre projet de refondation démocratique.
Je voudrais d’abord faire un constat avec vous : nous sommes un des rares pays qui n’accordent pas l’importance due à sa mémoire. Or, le proverbe dit bien que pour savoir où on va, il faut savoir d’où on vient.
C’est désolant de constater aujourd’hui que nous avons passé notre temps à faire des impasses sur notre passé. Si ce n’est pas le cas, nous avons pris beaucoup de plaisir à le noircir, à revêtir d’opprobre et de ridicule, ceux qui l’ont animé. La conséquence aujourd’hui, c’est que la jeunesse, sans connaissance de son passé, a perdu ses repères. Nous sommes réduits à construire une histoire au jour le jour, remplie de ce que les puissants du moment, veulent. Ca, c’est une histoire tronquée, qui défigure l’âme même du pays.
Il nous a été donné de constater, pendant la double commémoration du 15 Octobre, cette dangereuse tendance à s’approprier l’histoire. Pendant que les uns magnifiaient la seule période de la révolution, les autres estimaient que tout a commencé avec eux. C’est ça qu’il faut changer ; c’est ça notre ambition. C’est un travail de longue haleine mais plus vite on va commencer, plus vite nous aurons des résultats.
Nous proposons donc d’en discuter mais aussi de suggérer la création d’une structure qui va travailler à collecter par région, des données sur notre histoire régionale et nationale ; une structure qui va sortir de l’oubli certaines femmes, certains hommes, qui ont marqué leur époque, et qui va dépoussiérer certains évènements importants qui ont marqué notre vie régionale et nationale.
Cette structure que nous voulons appeler les Gardiens de la Mémoire, proposera des célébrations, des conférences, bref toute activité pouvant contribuer à la réappropriation de l’histoire et à sa préservation de toute instrumentalisation.
Voilà le propos autour duquel je propose que nous engagions la discussion. Merci encore de votre présence et de vos contributions.
Marcelin Yaméogo
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