Tenue
du 6ème Forum de l’UNDD et projection de son Film-documentaire
Une opinion qu’on veut étouffer !
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Secrétaire
nationale adjointe chargée des Burkinabé de l’extérieur
de l’Union nationale pour la démocratie et le développement
(UNDD), je voudrais réagir ici sur un fait bien précis.
J’ai suivi les efforts des jeunes pour préparer le forum
relatif au jugement de Charles Taylor qui se tient en ce moment. J’ai
aussi suivi avec attention le travail acharné de la direction de
l’UNDD pour produire un film documentaire sur le parti.
L’UNDD tenait donc, le 16 juin passé, à Boulmiougou,
un forum sur un thème d’actualité brûlante :
« Procès de Charles Taylor : Déni de justice programmé
de la communauté internationale ? », et en a profité
pour projeter son 1er film documentaire «L’UNDD, ce symbole
de résistance que l’on veut liquider», qui relate à
quel point le parti est victime d’acharnement. C’est pas un
petit travail qui a été réalisé là
; c’est du boulot qui a demandé des jours et des nuits de
travail, et je suis fière du travail abattu par mon parti. Ca méritait
d’être largement diffusé. Je suis donc ulcérée
du peu d’intérêt que les médias ont accordé
aux deux évènements et particulièrement, que la chaîne
dite du plaisir partagée, qui est pourtant venue à la manifestation,
n’ait pas daigné en faire état.
Je dois dire que le 16 juin, je fus étonnée et contente
à la fois de voir la TNB qu’on avait invité. Je me
disais : incroyable, la TNB est venue en dépit du thème
délicat abordé, le procès de Charles Taylor. Je me
réjouissais que nos idées puissent être répercutées
sur la chaîne nationale !
Le samedi soir donc, si l’élément n’est pas
passé, je me suis dit que c’était parce que la manifestation
avait quand même duré jusque vers 20 heures. Je comprenais
donc, encore que quelquefois, la TNB fait passer très rapidement
ses reportages.
Le lendemain dimanche à 13 h 15, j’étais devant mon
petit écran. On a parlé de tout mais rien sur notre manifestation.
Pourtant, on avait eu le temps, me disais-je, de voir le reportage, d’enlever
des passages qui pouvaient déplaire. Mais rien ! Au 20 heures,
j’étais à nouveau en attente en me disant : cette
fois, quand même, ils ne vont pas oser ! On a eu droit à
tout, à des reportages , chacun d’au moins 5 minutes, sur
les enfants malvoyants passant des examens, sur les jeunes dormant dans
la rue pour pouvoir déposer leurs dossiers pour les concours, sur
les funérailles du chef de Kaya… et j’en passe. Mais
rien sur nos activités !
A 22 heures 30, j’étais encore là. Je pensais : peut-être
qu’à cette heure tardive, on se dira : allez, vite, on va
en finir avec cette UNDD qui nous fatigue et on va passer un petit reportage,
même de deux minutes et en choisissant avec soin les propos, histoire
d’en finir une bonne fois. Eh bien, non : je me trompais une fois
de plus !
C’est dire que le lendemain, le lundi 18 juin, au 13 heures, j’étais
devant ma télévision, mais je n’y croyais plus, et
j’avais raison : rien sur les sujets abordés par mon parti.
Idem à 20 heures.
N’est-ce pas une injustice, chers compatriotes ? Ne payons-nous
pas, nous aussi, même si nous sommes des opposants, notre redevance
pour permettre à la TNB de fonctionner ? N’est-ce pas une
honte, Monsieur le président du Conseil supérieur de la
communication ?
Il est donc clairement affirmé, par cette absence de diffusion
du reportage qu’on n’a pas le droit -dans ce pays qui se vante
de la liberté de ses médias- de savoir ce que l’UNDD
a fait pendant la campagne et de connaître son point de vue sur
le procès de Taylor. De quoi a-t-on peur ? Que veut-on cacher au
peuple ?
Ca m’a fait mal, vraiment très mal mais après, je
me suis sentie mieux. On le dit et c’est vrai, quand on écrit,
ça fait du bien et on voit mieux les choses. Il m’est apparu,
avec plus de force qu’hier, que l’UNDD (qui est négligeable,
veut-on faire croire) n’est pas un si petit parti que ça,
qu’au contraire, il est un parti dont on a vraiment peur à
cause de ses propositions et de sa farouche détermination à
faire changer les choses. C’est une force en mouvement !
Oui, mon parti est bien vivant et en toutes saisons ; il n’apparaît
pas qu’ au moment des élections pour aller toucher sa subvention.
Non, c’est un parti qui travaille en permanence, qui a un site Internet
toujours renouvelé depuis le coup d’Etat dont nous avons
été victimes en 2003, qui est en contact avec la base (même
si c’est insuffisant compte tenu des ses capacités financières)
. C’est un parti qui se manifeste sur des sujets les plus divers
par des déclarations, qui participe à des colloques, qui
organise des marches, qui tient des forums comme c’est son rôle.
C’est loin d’être un petit parti aussi puisqu’il
a pu se présenter dans 45 provinces, même si je reconnais
que dans certaines, il n’était pas fort !
Par ailleurs, mon parti a à sa tête, un leader d’envergure,
Me Hermann Yaméogo, qui, même s’il a participé
à des gouvernements d’union ou protocolaire de Blaise Compaoré,
est ancré depuis des années, et solidement, à l’opposition
au vu des dérives du régime qui sont allées grandissant.
Hier, beaucoup disaient : pourvu qu’Hermann soit constant et qu’il
reste à l’opposition. Il y est, et bel et bien. Alors, vous
qui disiez cela, soyez contents, soyez rassurés !
Je ne peux terminer sans dire à mes Camarades de lutte de l’UNDD
et à tous les Burkinabé épris de justice et de démocratie
: attachez votre pagne comme on dit, rejoignez-nous pour ceux qui ne l’ont
pas encore fait, et préparez-vous pour les combats à venir
car un peuple muselé doit absolument se démuseler.
Ouagadougou, le 19 juin 2007
Yidjen Désirée Michèle KANYALA
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