Entretien avec Richard Koudougou SANKARA dit Rik Sank
Président du MJ/UNDD du KADIOGO
Par l’Observateur Paalga (paru le 19 08 2008)
Qui êtes-vous ?
Je suis Richard Koudougou SANKARA, dit Rik Sank. J’ai 25 ans, je suis né à Adjamé en Côte d’Ivoire où j’ai poursuivi mes études. Depuis 2004, je suis étudiant au Burkina Faso et actuellement en 3ème année de Droit.
Comment vous est venue la passion de la politique ?
Quand on arrive à l’UO, on est confronté à des questions liées à la politique et l’on est tenté de se déterminer en conséquence. Quelqu’un a dit « si on ne fait pas la politique, la politique va vous faire ». Vous voyez bien que l’université est un terrain où il y a beaucoup de politiques. Si on ne réagit pas, on subit, contre son gré. Et ce n’est pas toujours intéressant.
Pourquoi votre choix s’est-il porté sur l’UNDD ?
C’est vrai que j’aurais pu choisir la facilité en allant au CDP.
Mais il y a embouteillage là-bas et, de toutes les façons, mes convictions politiques ne sont pas de ce côté.
Moi, j’ai regardé et j’ai choisi l’UNDD pour deux raisons essentielles.
A cause de son président qui s’est engagé très jeune dans la politique, qui, je l’ai remarqué, est l’homme politique qui a le plus souffert parce qu’il défendait ses idées. Il n’a jamais peur de dire ce qu’il pense.
La deuxième raison, c’est à cause des idées et du programme du parti. C’est un parti qui fait confiance aux jeunes, qui a des idées avancées sur la décentralisation, l’intégration, la défense de l’environnement, les femmes, et je me retrouve dedans.
Mais il existe bien d’autres partis avec des leaders qui ont aussi des idées et des programmes à défendre ?
Si c’est mon point de vue, je ne vois pas vraiment des hommes politiques qui ont souffert, qui ont fait la prison comme Hermann Yaméogo. Deuxièmement, je trouve que la plupart défendent des idées d’autres personnes ou des idéologies, sans apporter leur propre touche au traitement des questions nationales et internationales. A l’UNDD par contre, il y a cette volonté d’adaptation, de recherche et de contre-propositions. C’est ça qui m’a frappé, et souvent on s’amuse à faire l’inventaire des concepts et des propositions émanant de ce parti, et on s’y perd. C’est ça qui fait un vrai parti, pour moi. Ca ne veut pas dire que les autres leaders et les autres partis ne valent rien.
Vous avez tenu une rencontre au CBC qui a vu la création du Mouvement de la Jeunesse UNDD (MJ/UNDD) du Kadiogo. Etes-vous satisfait ?
Je suis satisfait pour plusieurs raisons. Il y a du monde. La salle même a refusé du monde, 2.000 dedans comme dehors. Ca déjà, c’est une réussite. Ensuite, les discussions se sont bien passées. Il n’y a pas eu de disputes, et les questions étaient pertinentes. Et puis, tout le monde a compris l’importance que les jeunes s’organisent pour tenir un congrès. C’est la première fois qu’on va voir ça au Burkina. Ca veut dire que la relève est assurée dans notre parti.
La Refondation, vous y croyez ?
Nous avons écouté la communication du Docteur Pierre Bidima, qui était très intéressante, et le mot du Vice président du parti, Amadou Dabo. Nous sommes d’accord que la refondation, c’est le moindre mal. Ou bien on continue avec ce qu’il y a actuellement (la monopolisation du pouvoir, l’impunité, les problème dans le parti au pouvoir, les inégalités et c’est l’aventure), ou bien nous attendons que la colère monte pour finir par ce qui se passe dans d’autres pays : un coup d’Etat ou une guerre civile.
Nous sommes jeunes mais nous croyons que le moindre mal peut se trouver dans la Refondation qui va demander des sacrifices mais qui va préserver les acquis.
Quelles sont les activités que vous allez mener ?
Nous allons d’abord contribuer à la mise en place des structures au plan national, renforcer l’information autour de la Refondation pour avoir aussi nos positions si jamais la question était acceptée.
Mais à part cela ?
Nous avons d’autres projets. Par exemple, organiser un FOCAL (NDLR : forum de communication alternative) sur Ouézzin Coulibaly dont on va fêter le cinquantenaire anniversaire de sa mort, le 06 septembre 2008. Le thème, c’est « Si Ouézzin Coulibaly nous était conté ! ». Nous comptons faire des activités étalées sur une dizaine de jours à Ouagadougou, Koudougou et Bobo-Dioulasso.
Ouagadougou, parce qu’il y a assumé de grandes responsabilités ; Koudougou parce que cette région lui est reconnaissante d’avoir désigné un de ses fils, Maurice Yaméogo, pour lui succéder ; Bobo-Dioulasso parce qu’il est de la région et qu’il y a été enterré.
Mais pouvez-vous faire ça à la place de la famille ?
Nous allons évidemment informer la famille et éviter d’interférer le 06 septembre dans les commémorations qu’elle va avoir. Mais à notre niveau, nous considérons que Ouézzin Coulibaly est devenu une propriété nationale et les jeunes doivent mieux le connaître. C’est le souci qui nous anime dans les manifestations que nous allons organiser.
Notre histoire est l’objet de hold-up, d’instrumentalisation, d’impasse, de surévaluation de certains personnages, et à l’UNDD, quand on parle de refondation, nous impliquons aussi l’histoire qu’il faut revisiter. Ca sera l’occasion pour nous de le faire. D’ailleurs, nous allons saisir l’occasion pour interpeller le pouvoir. Il est impensable que ce cinquantenaire arrive sans qu’il ne mette en place un dispositif pour apporter sa contribution à la célébration. A côté de la famille, l’Etat doit aussi faire quelque chose pour Ouézzin Coulibaly, et d’une manière générale, prévoir le Panthéon de nos femmes et de nos hommes disparus pour introduire une certaine justice dans leur évocation.
Un Sankara à l’UNDD, ce n’est pas bizarre ?
Je ne vois pas pourquoi. Il y a des Compaoré parmi les Sankaristes, des Yaméogo au niveau du CDP. Pourquoi n’y aurait-il pas des Sankara au niveau de l’ UNDD ? D’ailleurs, je ne suis pas le seul et puis, il faut savoir que je m’appelle aussi Koudougou et que le vieux Sankara Joseph (paix à son âme !) était un ami du premier président Maurice Yaméogo et qu’il a milité même à l’UNDD dans les années 78.