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Union Nationale pour la Démocratie et le Développement


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28/07/2008
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DECLARATION DE L’UNDD SUR LA VISITE D’ETAT AU BURKINA FASO DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO

Au moment où le président Laurent Gbagbo, à la tête d’une forte délégation, foule le sol du Burkina Faso dans le cadre d’une visite d’Etat, première du genre, nous avons particulièrement à l’Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD) des raisons de nous satisfaire.

Nous sommes d’abord contents, et tenons à le signifier, en raison des fortes évocations de cette visite. Comment en effet ne pas repenser, en voyant l’accueil fait aux illustres hôtes, à cette époque de communion fraternelle entre Maurice Yaméogo et Félix Houphouët Boigny qui donnait de la consistance aux relations entre les deux peuples ? Nous sommes aussi comblés car tout le monde sait à quel point, remontés contre les ingérences à l’extérieur, nous avons ardemment souhaité un dialogue direct entre Laurent Gbagbo et Blaise Compaoré qui dégèle les consciences et permette une véritable sortie de crise en Côte d’Ivoire et ouvre la voie à la normalisation des relations entre les deux pays. Après l’acte fort de l’Accord de Ouagadougou, cette visite officielle apparaît comme une consécration historique de l’irréversibilité de la réconciliation.
Nous pourrions aussi évoquer, comme élément de satisfaction,  cette réparation morale et politique que nous éprouvons de voir engagé un processus pour lequel nous avons, plus que tous, payé cher en préjudices de toutes sortes notamment physique, politique, familial... Mais nous laissons cela à l’Histoire, impossible à travestir devant les évidences, et nous souhaitons, dans la plus pure tradition : «Aou danssé » au président Laurent Gbagbo et à sa suite ; nous formulons le vœu qu’ils ramènent les regards sur la résolution de ces déterminants économiques, démographiques non suffisamment pris en compte, qui ont à nos yeux, participé au déclenchement de la crise et qui, non résolus, peuvent en compromettre le règlement durable.
Nous voulons reparler encore et toujours de la maîtrise de la question épineuse des flux migratoires entre les deux pays mais aussi dans le cadre sous régional. Il est difficilement acceptable que la solution de cette question soit appréhendée au niveau global européen et qu’en Afrique, on se contente de règlements sectoriels et d’Etat à Etat au lieu d’en faire une politique commune, des organisations d’intégration sous régionale, régionale et de l’Union africaine.
Les deux pays, pour avoir souffert et risqué de tout perdre en raison de cette méconnaissance, nous ne doutons pas que la visite officielle donne l’occasion de décisions concrètes à cet égard.
Nous voulons aussi qu’on mette sur le tapis, la question du foncier en Côte d’Ivoire. C’est vrai que des décisions importantes ont déjà été prises pour faire avancer le problème, mais il importe, la question étant capitale, de les faire suivre de mesures d’accompagnement plus rassurantes.
Enfin, que l’accent soit mis sur l’urgence d’éviter à tout jamais les instrumentalisations militaires, électoralistes…, de nos ressortissants résidant en Côte d’Ivoire ! L’une des façons d’y pourvoir, c’est de permettre dans les plus brefs délais, qu’ils soient pleinement électeurs au sens de la Constitution en ayant la capacité d’exercer leur droit de vote à partir de la Côte d’Ivoire pour les élections majeures intéressant le Burkina Faso.
L’UNDD félicite les deux chefs d’Etat, Laurent Gbagbo et Blaise Compaoré, pour avoir eu le courage de transcender leurs divergences afin de privilégier l’intérêt de leurs deux peuples. Le parti exhorte Blaise Compaoré à être plus que le Médiateur, l’Avocat de la Côte d’Ivoire auprès de la France en particulier et de la communauté internationale en général pour obtenir les suites effectives aux promesses faites depuis Marcoussis d’accompagner financièrement la Côte d’Ivoire dans sa reconstruction politique, économique, territoriale.
Nous souhaitons enfin que le président ivoirien et sa suite, arrivés en paix au Burkina Faso, retournent en paix chez eux auprès des leurs, pour continuer à faire face aux enjeux économiques, sociaux, électoraux, qui les interpellent.

Vive l’amitié ivoiro-burkinabé !

Deval MILLOGO

 

Secrétaire national chargé des relations extérieures
du Bureau Exécutif National de l’UNDD