Camarades militantes et militants,
Chers Compatriotes,
Le 23 Avril 2006, les élections communales auront lieu. Ce n’est
pas trop tôt, pourrait-on dire! En effet, dans notre pays, la demande
de décentralisation jusqu’au niveau des collectivités primaires
ne date pas d’aujourd’hui. Déjà sous Maurice Yaméogo,
elle s’est manifestée avec les collectivités rurales. Sous
Sangoulé Lamizana, elle se précisera avec la départementalisation
alors que le CNR avec Thomas Sankara, apportera sa pierre au chantier, en s’engageant
dans la provincialisation. On n’attendra cependant pas moins de quatre
décennies pour rentrer enfin dans le vif du sujet.
A sa décharge, le pouvoir de la IVe République avec BIaise Compaoré
pourra dire que la décentralisation ne se réalise jamais par génération
spontanée, que la France a pris pas moins d’un siècle, de
Charles Brun à François Mitterrand, pour y parvenir. Soit. Concédons
alors qu’on puisse prendre du temps pour bien faire la décentralisation;
mais nous autres à l’UNDD, allons aux élections avec des
réserves, pas juste par esprit de contradiction, mais parce que nous
ne sommes pas convaincus de la qualité du produit qui nous sera livré,
au bout du bout. Pourquoi ?
Voyez-vous, chers militantes et militants, la communalisation, telle que mise
en œuvre, vise une duplication de la démocratie nationale, l’élection
d’organes locaux au suffrage universel direct pour opérer au bénéfice
des communes, des transferts de compétence et de ressources suffisantes
pour qu’elles gèrent correctement leurs affaires.
Nous faisons deux observations majeures :
- Pour que la décentralisation de la démocratie soit une réussite,
il faut d’abord que le référentiel démocratique auquel
elle emprunte ses règles, soit bon Il se trouve justement que le «patron»
démocratique est infecté par des virus que nous ne cessons de
dénoncer. Ce n’est pas de bon augure pour la mise à feu
de la démocratie locale.
- Le pouvoir a fait cette décentralisation comme par défaut, s’efforçant
de jouer au plus malin. Si vous voyez qu’il a mis du temps pour y venir,
il lui fallait gagner du temps sans pour autant perdre la manne qui tombait
de l’adhésion à la dynamique de la décentralisation.
Mais évidemment, il n’a jamais pensé aller jusqu’au
bout de la logique de la décentralisation démocratique. De cela,
nous n’avons jamais été dupes encore moins les Partenaire
techniques et financiers (PTF).
De fait, ce sont eux qui menaceront de couper le robinet devant les tergiversations
pour qu’on en arrive à ces élections communales. Mais pour
autant, celles-ci n’ont pas la garantie de se dérouler dans les
conditions optimales. Outre qu’on n’a pas évité de
copier/coller la démocratie, on n’a pas pris certaines dispositions
pour une appropriation sociale et politique de la décentralisation.
Chers compatriotes, l’UNDD pourtant, s’inscrit à la compétition,
parce que comme l’a écrit son Président, le parti de la
panthère veut profiter de cette campagne pour réaffirmer son attachement
à la vraie décentralisation, celle qui permettra d’en respecter
les critères fondamentaux mais qui permettra aussi de mettre un terme
à cette espèce de gouvernance hors normes constitutionnelles qui
risque de nous conduire vers des crises régionalistes et ethniques dislocatrices.
C’est ça que nous avons vu depuis un certain temps à l’UNDD
et que nous proposons de prévenir ou d’éteindre en appelant
comme pompier, la réelle décentralisation.
Le parti demandera donc, à travers la campagne, plus de transferts de
compétences et de ressources, mais aussi la création d’un
ministère, spécialement chargé des communes, qui aidera
à combler les handicaps que sont pour les communes, la connaissance imprécise
de leur patrimoine économique et de leur assiette fiscale; un ministère
qui aidera aussi à établir un cadre permanent de concertation
avec les partenaires au développement, afin d’assurer la cohérence
et la complémentarité de leurs interventions. L’aide des
partenaires, pour nous, doit parvenir directement aux communes, seule condition
pour lutter efficacement contre la pauvreté et la corruption. Le parti
luttera pour l’adoption d’un texte d’orientation sur la tutelle
rapprochée et a posteriori, afin de faciliter et accélérer
les prises de décision.
Compte tenu des besoins de financement permanent des communes, nous exigerons
qu’on mette en place des instruments financiers nationaux, qu’on
recourt même à une sorte de mini Plan Marshall de la décentralisation
pour sa bonne réalisation.
Nous utiliserons la campagne comme tribune pour en appeler à l’action
de tous, aux fins de création au niveau des organisations d’intégration
(UEMOA, CEDEAO).
Notre propos visera enfin l’élimination de cette discrimination
insupportable entre communes urbaines et communes rurales car, une commune est
une commune! Seule importe la prise en compte de la péréquation
et de la justice dispensatrice dans leur autonomisation.
Voilà, camarades militantes et militants, chers compatriotes, le challenge
de l’UNDD pour ces élections, un challenge beaucoup plus pédagogique
qu’une campagne pour contribuer à crédibiliser une option
de démocratisation que nous ne partageons pas. Nous restons convaincus
que la vraie décentralisation démocratique reste à venir
parce que la démocratie nationale à laquelle elle emprunte ses
règles, reste à reconstruire. Pour réaliser cette tâche
nationale de salut public, entrez résolument dans le refus fondateur
de l’UNDD en votant massivement pour la panthère dressée
sur un rocher, le 23 avril 2006.
Ensemble assurément, Nous
«Libèrerons à la base la démocratie de ses ravisseurs!»