CONFERENCE DE PRESSE
DU MOUVEMENT DE LA JEUNESSE UNDD DE COTE D’ IVOIRE (MJ/UNDD/CI)
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Thème
: La refondation démocratique africaine :
Le rôle de la jeunesse
(Interpellée dans le dialogue inter ivoirien)
Lieu : Ouagadougou, Central Hôtel, 15 février 2007
DECLARATION LIMINAIRE
Après le congrès historique de l’UNDD, nous aurions
pu repartir tranquillement dans nos pays d’accueil respectifs, avec
le sentiment du travail bien accompli. Ces assises nous ont en effet comblé
au-delà de toute attente, avec la reconduction de Me Hermann Yaméogo
qui est un repère pour beaucoup de jeunes à travers le continent,
la confirmation de l’option de la Social démocratie et la
création d’un Secrétariat chargé des Burkinabé
de l’extérieur. Secrétariat attribué à
un représentant des Burkinabé de Côte d’Ivoire,
à travers ma modeste personne.
Mais nous ne sommes pas repartis car nous avions également pour
mission d’expliquer à l’opinion burkinabé ce
qu’est le MJ/UNDD, comment il voit le dialogue inter ivoirien.
Les jeunes Burkinabé de Côte d’Ivoire, sachez-le, ont
adhéré au MJ/UNDD parce qu’ils ont été
édifiés par l’exemple de la jeunesse ivoirienne, qui
a pris en main la défense du pays pour faire échec à
la France qui voulait s’opposer à son indépendance
politique et économique. Cet exemple peut déteindre sur
toute la jeunesse africaine. Elle représente en effet 70 % de la
population continentale, et si elle se met en branle, elle peut obtenir
la fin de la mal-gouvernance. C’est l’objectif que nous nous
sommes fixé, mais pour le mener à bien, nous devons d’abord
conquérir la paix entre les Ivoiriens et les communautés
étrangères, entre la Côte d’Ivoire et les pays
voisins et surtout le nôtre.
Disons-le tout net : les Burkinabé vivant en Côte d’ivoire
ont le sentiment d’être doublement incompris, voire rejetés.
Rejetés par les Ivoiriens, qui les assimilent vite à des
piqueurs d’emplois, à des mercenaires électoraux,
voire à des rebelles en puissance, et qu’ils voudraient bien
souvent (il faut le dire) voir retourner chez eux ; rejetés par
les Burkinabé du pays qui les appellent par les termes péjoratifs
de « Diaspo », de «Pawéogo » (ça
veut dire ce que ça veut dire) et qui les préfèreraient
plutôt en Côte d’Ivoire qu’au Faso !
Le MJ/UNDD de Côte d’Ivoire veut raffermir le cordon ombilical
avec la mère patrie en prouvant dans le même temps au pays
d’accueil qu’ils ne sont pas des pique-assiettes, des «
SCUD » spécialisés dans l’ingérence électorale
ou le terrorisme.
Les Burkinabé de côte d’Ivoire ne doivent plus compter
seulement à cause de l’argent qu’ils envoient régulièrement
au pays mais tout simplement parce qu’ils sont des citoyens auxquels
la Constitution accorde les mêmes droits qu’à tous
les Burkinabé. Il faut donc rendre effectif le droit de vote que
leur confère la loi fondamentale en ses articles 11 et 12.
Nous voulons ce droit de vote, matérialisé par la carte
d’électeur, que nous arborerons non pas avec honte comme
des Juifs ont pu le faire avec l’Etoile de David, mais avec fierté.
Une carte qui sera au surplus notre protection, la preuve que nous ne
sommes pas envoyés en Côte d’Ivoire pour la prendre
de l’intérieur par des agressions électorales ou rebelles.
C’est dire que nous devions nous inviter au dialogue inter ivoirien
en cours au Faso, faire comprendre que si la crise a mis à mal
les économies de la sous région et porté préjudice
aux Burkinabé de l’intérieur, nous sommes ceux qui
en avons le plus souffert en Côte d’Ivoire. Ici, les compatriotes
ont peut-être perdu des emplois, en Côte d’Ivoire, beaucoup
ont perdu, sinon la vie, leurs biens durement acquis. Comble de tout,
l’Opération Bayiri, censée nous aider, est venue «
achever » nombre d’entre nous. Abandonnés, pris entre
le marteau et l’enclume, nous avons hâte de sortir de cet
enfer.
Il ne suffit pas que la médiation confirme les avancées
sur le foncier rural, la nationalité, la carte de séjour…
Il ne suffit pas qu’elle nous ramène le désarmement,
l’identification, la reconstitution physique et juridique de la
Côte d’Ivoire. Tout cela est formidable mais pour avoir vécu
ce que nous avons vécu, nous voulons plus de garanties pour l’avenir
(celui qui a été piqué par un serpent a peur d’une
cordelette !) : que la médiation ne soit pas conduite dans le seul
but de satisfaire l’ego de tel ou tel responsable politique mais
plutôt de régler globalement la crise, sans rien laisser
dans l’ombre, d’où demain pourrait repartir l’étincelle.
C’est pour cela que nous voulons qu’à Ouagadougou,
une disposition de l’accord à venir stipule qu’en même
temps qu’on mettra les Ivoiriens en condition de voter, on fera
d’une pierre deux coups en procédant aussi à l’identification
des Burkinabé pour les mettre en situation immédiate de
pouvoir voter dans leur propre pays. Qui peut le plus pour tous les Ivoiriens,
peut le moins pour les Burkinabé de Côte d’Ivoire !
Ce n’est pas tout : la question des dissidents militaires doit être
aussi réglée. S’il est vrai que les Mathias Doué,
les Yao Yao et bien d’autres ont fait le même choix que les
IB, Wattao, avant le 19 septembre, il faut une médiation inclusive
qui les concerne, qui les lie par l’obligation de retourner au pays
où on leur assurera la sécurité. C’est déjà
ce que, sentant venir les choses, le défunt Boga Doudou demandait
avec acharnement. Mais hélas, la machine était déjà
en marche contre la Côte d’Ivoire et contre lui-même
!
Comment par ailleurs laisser en plan toutes ces victimes burkinabé,
maliennes, sénégalaises…, ivoiriennes qui n’ont
pas demandé la guerre, qui ne l’ont pas animée, qui
n’en ont pas profitée ? Une médiation qui, sans préjuger
sur les responsabilités pénales, ne se pencherait pas sur
ce volet de la compensation qui leur est due, serait une médiation
bancale !
Enfin, nous souhaitons, pour le symbole fort, les signatures de l’accord
global en Côte d’Ivoire, à Yamoussoukro.
Voilà ce que nous devions dire, en relevant les responsabilités
particulières qui incombent à nos autorités, et qui
font qu’elles ont une obligation de résultat dans la conclusion
définitive de la paix. On peut, ne l’oublions pas, comme
a dit Me Hermann Yaméogo, tourner les pages de l’histoire
mais sans jamais les effacer.
Au MJ/UNDD/CI, nous jouerons notre rôle de moteur de changement
en nous engageant dans tous les chantiers où les pesanteurs maintiennent
nos pays dans les dépendances. Sur le point particulier de la médiation
dans le dossier ivoirien, c’est notre avenir qui est en jeu. Nous
dirons haut et fort que nous ne voulons pas d’un échec, surtout
pas à un moment où les conditions s’annoncent plus
favorables pour le réveil de l’Afrique. La Françafrique
, cette chape qui suçait nos richesses, qui étouffait nos
libertés et notre soif de démocratie, est en fin de vie.
Avec elle, tombera également (Alléluia !), l’un de
ses chênes les plus solides, sinon le plus grand : Jacques Chirac.
L’espoir est permis. Il est même porté par des organisations
comme SURVIE, ATTAC, le CADTM.., qui travaillent sans répit à
démystifier la Francafrique et toutes les politiques d’aide
publique à l’Afrique, hypocrites, exploiteuses, qui prétendaient
aider le continent à sortir de la pauvreté. Le MJ/UNDD/CI
est solidaire des actions que ces mouvements mènent actuellement
en marge du Sommet France-Afrique et nous leur avons même envoyé
un mot d’encouragement.
Voilà aussi notre message à la Jeunesse du pays pour qu’elle
se mette debout. En Côte d’Ivoire et dans bien des pays, les
jeunes le sont déjà. La jeunesse guinéenne vient
de se joindre au mouvement. Mettez-vous donc debout.
Avec le leadership d’Hermann YAMEOGO, nous pourrons sinon comme
dans les Ecritures, changer le Burkina Faso en un pays de cocagne où
coulent en abondance le lait et le miel, en faire un pays où règnent
plus de justice, de solidarité et de vouloir vivre collectif.
Debout Jeunesse du Faso car c’est de notre avenir qu’il s’agit.
C’EST CA QUI EST LA VERITE !
NON AUX POUVOIRS ILLEGITIMES
NON A LA PERPETUATION DE LA NEO DOMINATION DU CONTINENT
OUI A LA REFONDATION DEMOCRATIQUE
Mesdames et Messieurs les journalistes,
Nous sommes à vous pour la partie Questions/Réponses.
Ouagadougou, Central Hôtel, 15 février 2007
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