Conférence de presse de Hermann Yaméogo le 20/10/05

Hermann explique son retrait

Ils étaient nombreux les hommes de médias qui ont effectué le déplacement ce jeudi 20 octobre dernier au domicile de Me Hermann Yaméogo sis au quartier Paspanga pour une conférence de presse sur le retrait « inattendu » de sa candidature à la présidentielle du 13 novembre prochain.
Hermann Yaméogo a réveillé ses vieux réflexes d'avocat pour se faire une auto-plaidoirie en deux points essentiels par rapport à son retrait : la validation de la candidature de Blaise Compaoré et la mauvaise informatisation du fichier électoral.
Pour Me Yaméogo, la décision de la cour constitutionnelle le 14 octobre dernier de valider la candidature du candidat Blaise Compaoré est la raison principale de son retrait à la course pour la présidentielle de 2005. Pour lui, cette décision est anti constitutionnelle ; et c'est dans cette optique que, tant au CODECO, qu'avec la coalition Hermann Yaméogo, ses militants et sympathisants ont toujours refusé la candidature de Blaise Compaoré à la présidentielle prochaine. Le chantre du "Tekré" savait depuis fort longtemps que le conseil constitutionnel allait valider la candidature de Blaise Compaoré malgré des interpretations de la constitution qu'il ne peut pas se présenter pour un troisième mandat. Il n'a pas voulu arriver là où ses camarades de Alternance 2005 sont arrivés, c'est-à-dire entreprendre un recours qui n'a pas abouti. Lui, préconise « une désobéissance civile pacifique » comme le mouvement contre la vie chère au Niger, et plus loin le mouvement de la non-violence entonné par Mahatma Gandhi. L'adepte de Thoreau (le précurseur de la désobéissance civile) relèvera aussi que le mouvement de grève des 26 et 27 octobre prochain doit être une occasion d'expression de ras-le-bol de la politique de Blaise Compaoré. Peut-on croire le chantre du « Tekré » quand au caractère pacifique de son combat contre ce qu'il qualifie d'illégal, a demandé un journaliste ? Pour Hermann Yaméogo, il a toujours prôné la paix dans ce pays. Du reste, dit-il, ceux d'en face n'ont pas de leçon à le donner en la matière. Qui mieux que lui se vante-t-il à oeuvré pour la démocratie au prix parfois de menaces de mort réelles.
Au sujet de la deuxième raison de son retrait, il avoue : « que le fichier électoral actuel est « bordélique » et pour cause « il y a des Burkinabè qui ont trois ou quatre cartes d'électeurs et même plus ».
Il a en outre salué la décision de l'Union Africaine prolongeant le mandat du président Laurent Gbagbo. Pour lui, il faut que l'on reconnaisse que : « Hermann Yaméogo avait raison » au sujet de la resolution de la crise ivoirienne, pour l'histoire.

Roger Sawadogo