|
COMMUNIQUE
DE DE PRESSE DE
L’UNION NATIONALE POUR LA DEMOCRATIE ET LE DEVELOPPEMENT (UNDD)
-16 Janvier 2007-
Le
Comité de suivi de l’Accord politique global togolais s’est
réuni à nouveau à Ouagadougou, le 16 janvier 2007,
sous la présidence de Blaise Compaoré et a abouti à
de grandes décisions qui autorisent l’élargissement
de la décrispation nationale. L’UNDD, encore une fois, se
réjouit de la consolidation du dialogue démocratique au
Togo en général et en particulier des arbitrages qui ont
abouti au renforcement de la transparence dans le processus électoral.
On peut en effet espérer que les prochaines consultations au Togo
du 24 juin 2007 se dérouleront sous de meilleurs auspices et que
l’unité du pays en ressorte renforcée parce que les
acteurs de la vie politique togolaise ont pu se mettre d’accord
sur des dispositions essentielles à un scrutin transparent et honnête.
C’est le cas de l’adoption d’une carte d’électeur
sécurisée avec photo numérisée, de l’utilisation
de kit pour l’établissement du fichier électoral,
de la prise de décisions consensuelles au niveau de la CENI et
à défaut à la majorité qualifiée des
2/3 des membres présents au premier tout (ou à la majorité
relative au deuxième tour)..…
Dans le même temps, comment ne pas éprouver une certaine
frustration, ressentir comme un pied de nez le fait que toutes ces avancées,
bénéfiques pour les Togolais, aient pu s’obtenir grâce
à l’intermédiation du chef de l’Etat burkinabé
qui, malgré les sollicitations et protestations multiples de l’opposition,
n’a pas le moindre souci de dialogue démocratique ni de transparence
électorale dans son propre pays ?
Le Burkina Faso, nous le réaffirmons, n’est pas moins en
manque de dialogue refondateur et de transparence électorale que
le Togo. Les conditions qui ont été à l’origine
de fractures nationales au Togo et dans bien des pays (comme actuellement
en Guinée où à travers une contestation populaire
sans précédent, le peuple demande le changement) existent
aussi chez nous. La dernière mutinerie, dont on n’a pas encore
démêlé tous les écheveaux et rendu compte comme
il se doit à l’opinion, traduit un malaise profond, perceptible
dans tous les secteurs de la vie nationale.
L’UNDD encore une fois, soutient que qui peut le plus, peut le moins
: si nos autorités peuvent s’investir pour réduire
des désharmonies fondamentales dans des pays voisins, elles devraient
être en mesure de le faire au plan national encore et surtout que
le mécontentement a atteint un point de non-retour. Si dans les
années 70 à 80, la Haute-Volta , malgré quelques
insuffisances, pouvait être prise comme modèle en matière
de démocratie, cela n’est plus le cas de nos jours, où
des pays de la sous région comme le Mali, le Niger, le Bénin
et le Sénégal apparaissent comme des références
plus confirmées en matière de conduite de processus démocratique
que nous.
C’est le lieu pour nous d’ en appeler à toutes les
forces vives du pays pour une mobilisation afin de contraindre le pouvoir
à renouer avec la raison, avec le dialogue républicain.
Alors que la crise institutionnelle est maintenant révélée,
que cela affole l’impunité, l’insécurité,
la chute des valeurs éthiques et démocratiques, le pouvoir
autosuffisant, indifférent aux critiques émises, méprisant
vis-à-vis de l’opposition, engage les élections législatives
avec une CENI disqualifiée, des instruments électoraux ayant
révélé leurs limites et reste sourd aux revendications
catégorielles qui s’amplifient au niveau de l’armée,
du monde paysan et ouvrier, du monde scolaire et universitaire, du milieu
de l’opposition.. C’est le signe manifeste qu’il est
prisonnier de l’usure, de sa gouvernance de l’absurde qui
va l’amener au bout du précipice.
Ainsi que le Togo, la Guinée , nous en donnent l’exemple,
l’heure est à la mobilisation des partis politiques, des
syndicats, des médias, des mouvements de droits de l’homme,
des élèves et étudiants.., pour une lutte globale
qui ramène dans son lit, la gouvernance nationale. C’est
à ce prix que nous endiguerons les fractures dangereuses pour la
cohésion sociale et nationale annoncées.
A la CEDEAO , à l’Union Européenne, dont les représentants
ont assisté à cette 3ème session du Comité
de suivi de l’accord politique global togolais, aux partenaires
techniques et financiers en général, l’UNDD en appelle
encore une fois au devoir d’interpellation, pour ne pas qu’ils
puissent dire demain «Si on avait su » parce qu’ils
savent déjà.
Pour le BEN
Salif OUEDRAOGO
Secrétaire général de l’UNDD
|