COMMUNIQUE DE L’UNION NATIONALE POUR LA DEMOCRATIE ET LE DEVELOPPEMENT (UNDD)
-1er Décembre 2006-

Le 1er Décembre 2006, à 18 heures, le Bureau Exécutif National (BEN) de l’UNDD s’est retrouvé au lieu habituel de ses réunions, sur convocation de son Président, Me Hermann Yaméogo, pour délibérer autour de l’ordre du jour suivant :

- Vie du parti
- Vie nationale
- Vie internationale

VIE DU PARTI
Les membres du BEN abordant ce premier point, ont focalisé leur attention sur le rapport du Comité préparatoire du congrès qu’ils ont adopté. Les délégations au Congrès sont donc attendues à Ouagadougou le 12 janvier prochain et les travaux se dérouleront les 13 et 14 Janvier 2007.
Le BEN en a appelé à la mobilisation des militantes et militants, notamment du Kadiogo, pour faire de ce congrès, une réussite.

VIE NATIONALE
Pour ce deuxième volet, le BEN a stigmatisé la conjonction déstabilisante pour la paix, de l’insécurité et du déséquilibre de la justice. Il a illustré ce phénomène par le drame survenu à Bilanga où les forces de l’ordre ont assassiné froidement trois citoyens dont un Elu venu spontanément s’enquérir de l’interpellation de ses employés. Ces crimes inqualifiables, qui sont loin d’être isolés, auraient été suivis de dissipation d’objets et de sommes d’argent au domicile des infortunés. Le BEN a d’abord relevé que cette criminalité des forces de l’ordre est une conséquence de l’affaissement de l’éthique générale et des valeurs républicaines dont le pouvoir est responsable. Il s’est ensuite offusqué que ce dernier ne se soit contenté que de simplement affecter les incriminés, manquant donc à ses devoirs de sécurité collective et contribuant de la sorte à donner plus d’assise à l’impunité chronique dont souffre notre pays.
Le BEN a exigé le cantonnement de la garde à vue de même que l’extension de l’assistance des avocats à leurs clients dès le stade de la détention préventive. Il a exhorté les partenaires techniques et financiers à exiger, dans les plus brefs délais, une enquête indépendante en raison de la gravité des faits.
Abordant les manifestations commémoratives du 8ème anniversaire du drame de Sapouy, la réunion a recommandé aux responsables et militants du parti leur participation aux activités qui seront organisées dans ce cadre (celles du Collectif, des Femmes en noir … ).
Le BEN a suggéré de proposer une initiative des forces politiques et sociales pour déclarer l’Année 2007, Année Norbert Zongo.
La question des candidatures indépendantes a été évoquée. Les membres présents ont estimé que les conditions légales et règlementaires en vigueur pour être électeur et éligible ont été arrêtées en conformité avec les dispositions constitutionnelles et que par conséquent l’argumentation selon laquelle la non-généralisation des candidatures indépendantes à tous les niveaux de consultations, serait une violation de la loi fondamentale, résulte d’une mauvaise lecture des modalités de mise en œuvre de la Constitution. Ils ont par ailleurs débattu des difficultés techniques auxquelles on pourrait avoir à faire face pour l’organisation des scrutins devant une explosion de candidatures indépendantes à tous les niveaux (confection du bulletin unique, représentation des candidats dans les bureaux de vote, intervention dans les médias…). Pour les membres du BEN cependant, ces candidatures indépendantes, qui existent déjà au niveau présidentiel, ne sont pas un mal en soi si elles sont entrevues de façon ciblée en fonction du substrat ethnique, sociologique.., hétérogène du pays. Le souci ici a été en particulier de ne pas exacerber les réflexes identitaires dans un pays où l’affiliation nationale n’est pas encore bien caractérisée. Mais en tout les cas, les candidatures indépendantes, et c’est ce qui a été retenu, ne sauraient être envisagées sans le préalable de l’assainissement du cadre de vie démocratique qui rend actuellement impropre le jeu politique pour tout impétrant, qu’il s’agisse des partis ou des potentiels Indépendants.
L’instruction qui est donnée par le BEN aux élus, responsables et militants du parti par rapport à la pétition en cours du MBDHP, c’est par conséquent la réserve en attendant que les préalables susmentionnés soient remplis.
Par ailleurs, le BEN, revenant sur les conditions de renouvellement des membres de la CENI au niveau central comme au niveau décentralisé, marqué par la fraude, la corruption et les violences multiples, s’est encore indigné du refus systématique du pouvoir, en dépit du déficit démocratique cumulé au fil des consultations (et maintenant reconnu), d’observer une pause pour engager un dialogue national refondateur. Les membres présents ont fait le constat que sur l’ensemble du territoire national, se répand une morosité croissante, pire une désespérance sans pareille, dans les institutions et les hommes qui les incarnent. La conviction partagée, c’est que la situation politique délétère, aggravée par les injustices sociales, les ingérences à l’extérieur.., a dépassé le stade où de simples ravalements de façade pourraient suffire à extraire le pays de l’impasse dans laquelle il s’enfonce. L’opposition, a souligné le BEN, ne peut pas être critiquée pour n’avoir pas rempli son rôle de contre-pouvoir. Elle a certes ses insuffisances mais elle a fait toutes les propositions qui s’imposaient et mené toutes les actions compatibles avec la légalité républicaine pour éviter qu’on en arrive là. Mais tout semble avoir été fait pour lui apporter la preuve de l’inutilité de la lutte pacifique pour la conquête du pouvoir. Le blocage politique, économique et social n’est donc pas le fait de l’opposition mais bien celui du pouvoir qui refuse jusqu’au bout, les règles du jeu démocratique. A cet égard, le BEN a encore lancé un appel aux partenaires pour qu’ils aient un regard plus attentionné sur l’état réel de la démocratie au Burkina Faso et sur la cohérence dans leur engagement en faveur de la bonne gouvernance pendant qu’il est encore temps.
Le BEN a suggéré la création au plan international d’un Indice spécifique de Bonne Pratique Démocratique qui fasse l’objet d’un Rapport annuel comme il existe un Indice du développement humain (IDH) sur lequel le PNUD se base pour sortir chaque année son Rapport Mondial sur le Développement Humain.

VIE INTERNATIONALE
Abordant ce chapitre, la rencontre s’est penchée sur les élections présidentielles en France et souhaité que les candidats qui seront définitivement retenus intègrent dans leurs préoccupations et dans leurs campagnes, la nécessaire relecture de la politique africaine de la France qui participe, dans sa forme actuelle, au déclin de la démocratie et à bien de crises que vit le continent.
Le BEN a préconisé une action sur l’opinion française et principalement sur la communauté noire afin de susciter en elle un vote préférentiel en faveur du candidat ou de la candidate qui s’engagera concrètement à promouvoir une politique de réhabilitation des liens franco-africains débarrassée des pesanteurs nuisibles du passé.
C’est tout naturellement, compte tenu de leurs effets dommageables, que les interventions françaises au Tchad, en Centrafrique, sont venues en discussion. Le BEN s’est ému de voir le pouvoir français négliger les voies de règlement pacifiques de ces crises -grâce aux pressions dont il dispose- pour engager l’ armée française sur le terrain. C’est, quelles que soient les pondérations de vocabulaire, ce qu’il est en train de faire avec les fameux renseignements ou soutiens logistiques et plus ouvertement, avec les bombardements (du reste reconnus) de cibles rebelles. La circonstance aggravante ici, c’est que le gouvernement français déploie toute cette violence destructrice en vies humaines pour secourir des régimes décriés, qui ont tourné le dos au dialogue démocratique. Il s’agit là d’actes graves dont le pouvoir français se rend responsable aux yeux des générations africaines présentes et futures et qui ne sont pas de nature à rehausser son image, déjà passablement écornée par des erreurs du même type dans bien de pays comme le Rwanda.
Les membres présents, qui ont par ailleurs entendu comme tout le monde, le premier Ministre de Villepin proclamer que la France n’aide pas des régimes en place mais défend des valeurs (dont notamment l’intégrité territoriale des Etats africains) ont tous tenu à s’inscrire en faux contre cette déclaration. Elle souffre en effet d’une terrible contradiction : le fait pour le gouvernement français d’aider les dirigeants putschistes tchadiens et centrafricains à faire le coup de feu contre leurs rebelles qu’il dit venus d’ailleurs alors qu’en Côte d’Ivoire, il déroule le tapis rouge, sinon plus, aux rebelles du gouvernement légal et légitime de ce pays, qu’il sait bel et bien venus d’ailleurs.
Le BEN a réitéré sa préférence pour les troupes d’interposition multilatérales et principalement africaines, et exigé en conséquence la fin de l’engagement militaire unilatéral français sur le continent et le départ de ses bases militaires en Afrique, de même que la fin de son soutien, sous toutes ses formes, aux dictateurs en place.

DIVERS
Après que plusieurs points aient été évoqués en Divers, la séance fut levée à 20 heures.

Pour le BEN

Le Président


Me Hermann YAMEOGO