Sur convocation de son Président, Me Hermann Yaméogo, le Bureau
Exécutif National de l'UNDD s'est retrouvé au lieu habituel de
ses réunions, le 17 Octobre 2005 à 18 heures à Ouagadougou,
suite à la décision du Conseil Constitutionnel homologuant la
candidature de Blaise Compaoré, autour de l'ordre du jour suivant :
- Officialisation de la position du parti par rapport au scrutin du 13 novembre
2005.
- Divers
Sur la position du parti par rapport au scrutin du 13 novembre 2005
Suivant les décisions prises par le BEN à la réunion de
Koudougou du 25/09/05 élargie aux membres de la " Coalition Hermann
Yaméogo-Le refus fondateur " et à celles du BEN prises à
Ouagadougou le 11/10/05, le Bureau Exécutif National de l'UNDD s'est
réuni ce jour pour officialiser la position définitive du parti
par rapport aux élections du 13 Novembre 2005.
Le Président, qui avait reçu mandat le 11 Octobre passé
de décider de la conduite à tenir par rapport au scrutin présidentiel
en tenant compte des avis des uns et des autres, et de la tendance générale
qui s'était dégagée à cette réunion, a redonné
la parole aux membres présents pour réengager le débat.
Il s'en est suivi des interventions nourries parfois passionnées, obligeant
quelques conseillers à en appeler les uns et les autres, à la
retenue.
Mais finalement, la tendance dégagée lors de la dernière
réunion s'est encore une fois majoritairement confirmée et le
parti a décidé, pour l'Histoire, et pour se conformer aux engagements
qu'il a pris à titre individuel comme dans le cadre d' "Alternance
2005 " de " ne jamais accepter la candidature de Blaise Compaoré
et de la combattre par toutes les voies légales et constitutionnelles
", ce qui suit :
- de dénoncer et de refuser ce jugement outrageant et inacceptable,
à marquer d'une pierre noire dans l'histoire constitutionnelle de notre
pays et de ne contribuer en aucune manière à valider une élection
qui sera menée en fraude de la Constitution ;
- de ne pas maintenir la participation de Me Hermann Yaméogo dans une
élection viciée par la candidature de Blaise Compaoré et
au surplus ficelée par des manipulations, des subornations et des techniques
électorales et informatiques perfides ;
- d'en appeler, conformément aux articles 166, 167 et 168 de la Constitution,
à la désobéissance civile contre cet acte qui figure au
nombre des crimes les plus graves commis contre le Peuple et contre tous les
actes qui dénaturent le processus électoral et sapent les fondements
de la démocratie ;
- d'engager sans délai, une contre-campagne pacifique et active sur le
terrain pour dénoncer au plan national et international la forfaiture,
et pour impulser une lutte globale pour une alter-gouvernance fondée
sur des politiques respectueuses de la Constitution et plus soucieuses de partage
et de paix ;
- D'en appeler à tous ses militants, sympathisants, à tous ceux
qui sont engagés dans le Refus fondateur, aux paysans, aux élèves
et étudiants, aux travailleurs des villes et des campagnes, aux intellectuels,
bref au Peuple (alors qu'il est encore temps), pour barrer la route à
cette marche à pas forcés vers la consécration de la République
monarchique absolue, par une résistance citoyenne et démocratique.
Le BEN sait que la voie sera encore plus pavée d'embûches que
par le passé pour les démocrates, les opposants, pour l'UNDD et
son Président qui restent plus que jamais pour le pouvoir, des "tumeurs"
à détruire coûte que coûte, même au laser électoral,
mais c'est la voie empruntée par tous les résistants authentiques
qui ont pu libérer leurs peuples du joug des oppresseurs de tout acabit.
C'est en tout cas le choix de l'UNDD. A l'heure où le défaitisme
rampant, généré et attisé par le pouvoir, menace
dangereusement d'emporter le droit à la différence et, plus grave
encore, de confisquer au peuple sa souveraineté, le BEN pense que le
vrai courage aujourd'hui, malgré les pesanteurs, c'est de dire NON .
Si le BEN reconnaît qu'en général, la politique de la chaise
vide n'est pas payante, qu'elle a un coût politique et électoral
évident, il reste toutefois convaincu qu'il n'est pas davantage profitable
de participer à des élections juste pour participer, surtout que
là encore, comme devant le Conseil Constitutionnel, il n'y a aucun doute
sur l'issue de ces élections aux résultats programmés et
médiatisés par anticipation.
Avant de clore ce point, le BEN a jugé nécessaire d'interpeller
les partenaires bilatéraux et multilatéraux sur la perversion
du cadre d'expression politique, la récupération des instruments
de régulation démocratique et sur la gravité du Crime qui
vient d'être commis contre la Constitution. Il a instruit d'approcher
" ALTERNANCE 2005 " afin de l'informer de sa décision et de
prendre des dispositions appropriées pour ne pas gêner les autres
candidats du groupe qui restent inscrits à la présidentielle.
L'UNDD a par ailleurs tenu à remercier expressément les partis
membres de la "Coalition Hermann Yaméogo-Le refus fondateur"
pour leur soutien et pour le travail abattu en commun pour l'élaboration
d'un Programme alternatif de Gouvernement promoteur. Le parti ne jettera jamais
l'éponge devant Blaise Compaoré pour qu'en fin de course, il accède
ainsi à cette légitimité à laquelle il n'a jamais
rêvée. C'est pourquoi, le BEN voudrait continuer à partager
avec ses partenaires de la Coalition cette option de lutte pour la sauvegarde
des droits de l'Opposition et pour la rupture positive mais il respectera par
avance tout autre choix qu'ils pourraient être amenés à
préférer.
Divers
Plusieurs points inscrits en divers, relatifs notamment aux dispositions à
prendre pour sécuriser les élections municipales et législatives
à venir, ont été abordés. Le BEN a encore stigmatisé
l'informatisation catastrophique du fichier électoral et requis d'user
de toutes les voies diplomatiques, politiques et de droit pour remédier
à cette situation.
Le BEN a ensuite donné des instructions aux membres présents pour
informer le plus largement possible les militants et l'opinion sur les décisions
qu'il vient de prendre et pour préparer les structures à la contre-campagne
que va engager le parti conformément aux mots d'ordre qui suivront.
La séance a été levée à 21 heures.
Ouagadougou, le 17/10/2005
Mathieu N'DO
Secrétaire à la communication et Porte-Parole de l'UNDD