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Union Nationale pour la Démocratie et le Développement


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COMMUNIQUE DU BUREAU EXECUTIF NATIONAL DE L’ UNDD
(Ouagadougou, le 13 Juin 2008)

 


Le Bureau Exécutif National de l’Union Nationale pour la Démocratie et le Développement (UNDD), après trois mois de relâche mis à profit par sa Direction pour contribuer aux activités de la Refondation nationale, a repris le cours normal de ses réunions.
Ainsi, sur convocation de son président, Me Hermann Yaméogo, il s’est retrouvé à son lieu habituel de rencontre, à Ouagadougou, le 13 Juin 2008 à partir de 18 H 00 autour de l’ordre du jour suivant :

  1. Situation nationale
  2. Situation internationale
  3. Divers

Avant d’aborder le premier point de l’ordre du jour, les membres du BEN ont observé une minute de silence en la mémoire de leurs camarades militants ou des membres de leurs familles, décédés, et en celle de Cyril Goungounga, Président du PARIS, artisan activiste de la Refondation nationale, disparu.

SITUATION NATIONALE
Les participants ont eu une écoute attentive du compte rendu des missions de contact effectuées dans le cadre de la Refondation nationale et ont été largement informé des travaux préalables de mise en cohérence des rapports de mission avant le dépôt de l’Adresse au chef de l’Etat le 12 juin aux fins de convocation d’un Dialogue refondateur républicain et inclusif. De la discussion qui s’en est suivie, il est ressorti que l’initiative a reçu un bon accueil à tous les niveaux de contacts. De l’avis de tous, le dialogue est le moins que puisse accorder le pouvoir à un peuple qui perd ses repères face à des tensions multidimensionnelles nationales sur lesquelles vient souffler, comme le vent sur la braise, une crise internationale aux conséquences gravissimes.
De commentaire en commentaire, les participants ont réagi par rapport aux initiatives engagées ici et là pour faire face à la situation. Initiatives qui attestent, contrairement à ceux qui continuent de jurer que tout est bien maîtrisé (malgré les évidences et en dépit du mouvement de refondation exprimé jusqu’au sein du parti-
Etat), qu’il y a bel et bien problème au Faso.
Pour commencer par le Gouvernement dont l’incurie, quoi qu’il s’en défende, explique grandement la situation présente, la réunion a d’abord constaté qu’il  a manqué d’anticipation et que s’il a pris des mesures, elles n’ont pas eu pour autant les résultats escomptés. Ils ont cependant apprécié que, contrairement aux habitudes passées empreintes d’une insultante suffisance, le premier Ministre ait reconnu les limites des mesures prises  même si l’on reste en manque de visibilité par rapport à l’ensemble de la politique qui doit être impulsée pour réellement faire face à une situation qui exige des interventions globales sans précédent dans la 4ème République.
Quant aux propositions préconisées par l’Assemblée nationale pour contribuer à la résolution de la cherté de la vie et en vue du toilettage du Code électoral, les membres du BEN, tout en saluant l’entreprise, ont relevé que c’est après avoir refusé d’écouter les plaintes réitérées de moult acteurs politiques et partenaires sociaux et d’assister les élections alors en danger que la nouvelle Assemblée, une fois le «Tuk guili » réalisé, s’avise que ça ne va pas au pays et qu’il faut se secouer.
Passant donc aux réformes touchant aux corrections électorales et démocratiques envisagées, le Bureau a souligné que s’il n’est jamais trop tard de bien faire, la repentance législative révèle toutefois  des limites. Tout d’abord, les corrections proposées ne touchent pas quant au fond à la nature même du mal qui concerne la gouvernance nationale ; elles laissent en dehors du champ d’investigation et d’intervention, des secteurs entiers d’importance relatifs au Code électoral comme à la Justice en besoin d’émancipation, à la décentralisation démocratique en peine, aux  monopoles politiques et économiques en progression, à la dépolitisation si nécessaire de l’administration, de l’Armée, de la Chefferie traditionnelle, à la Constitution qui a besoin d’une relecture…  Ensuite et partant, le cadre le plus adéquat pour discuter de ces réformes doit être plus global, intéressant par-delà les organes constitués et les professionnels de la  politique, tous les segments de la vie nationale. En effet, la crise de la représentation et la chute aggravée de confiance du peuple vis-à-vis des institutions et des hommes qui les incarnent, exigent un véritable débat national. Et pour le BEN, ce débat, qui vise le traitement à la racine de la mal gouvernance, doit nécessairement, pour ne pas apparaître comme une prime à l’incivisme démocratique, déboucher sur de nouvelles légitimations des organes de l’Etat.
Evoquant par ailleurs l’implication de la représentation nationale dans la recherche de solutions à la vie chère (après avoir fait fi des nombreuses sonnettes d’alarme qu’on disait actionnées par les alarmistes patentés comme ceux de l’UNDD), la même conclusion a été tirée par le BEN qu’il fallait rechercher dans un dialogue national, le consensus indispensable aux politiques à mettre en œuvre pour faire face à une crise que l’on ne peut traiter par les seules mesures conjoncturelles comme déjà le BEN le relevait dans son Communiqué en date du 23 février 2008.
Sur la lancée, les membres présents ont tenu à féliciter l’action menée par les Centrales syndicales et  la Coalition contre la vie chère, souhaitant toutefois qu’elles intègrent également le besoin d’évaluation de la gouvernance dans son ensemble pour trouver, au-delà des ajustements sectoriels nécessaires, des réformes générales qui puissent déboucher sur des mesures courageuses nationales, consensuelles et soutenables car ce dont il est question, c’est d’un véritable sursaut quasi-révolutionnaire qui permettra de sceller un autre contrat démocratique et social.
En conclusion à ce premier point de l’ordre du jour, les participants ont relevé que s’il fallait aborder la situation avec une vision globalisante sérieuse,  il n’en reste pas moins que le temps presse et que, dans l’opinion, on constate que le pessimisme grandit parce qu’on ne voit pas encore se dessiner une volonté politique lourde de faire bouger les choses. Alors, beaucoup pensent que le plus dur reste à venir !

SITUATION INTERNATIONALE

Abordant la situation internationale, les membres présents ont regretté l’inaction de la SADC et de l’Union africaine face au drame qui se joue au Zimbabwe. S’ils ont favorablement noté que chez nous, le premier Ministre, lors de sa dernière conférence de presse, a condamné le traitement réservé aux diplomates américains et britanniques au Zimbabwe, ils ont regretté qu’il n’ait pas dit un mot sur l’état de la démocratie et le traitement fait aux opposants ainsi qu’aux ONG dans ce pays. Ils espèrent que le Burkina Faso, membre du Comité des droits de l’homme des Nations Unies et membre non permanent du Conseil de Sécurité, aura une position beaucoup plus proche du peuple zimbabwéen en particulier et des populations africaines en général, lors du débat qui se tiendra sur ce pays au Conseil de Sécurité.
A cet égard, le BEN n’a pas trouvé de mots assez fermes pour regretter que le médiateur sud-africain le Président Thabo M’Beki ne s’implique pas davantage dans le secours à apporter au peuple zimbabwéen en détresse. Si les immixtions, les égoïsmes des puissances (qui ont des dénonciations à géométrie variable à l’encontre des dictateurs africains) sont un constat, ils ne sauraient justifier qu’un pouvoir s’en prévale à bon ou mauvais escient pour affamer son peuple, exercer sur lui les pires chantages et le priver de libertés.
La réunion a aussi évoqué le problème des expulsions violentes d’étrangers en Afrique du Sud pour condamner ces actes et surtout la façon dont ils ont été commis. Les échanges ont toutefois fait ressortir qu’on n’en serait pas arrivé à ces faits malheureux si en amont, les dirigeants africains et les partenaires avaient accordé plus d’attention au respect du droit de suffrage, des droits de l’opposition, à la prévention et au règlement des conflits. Cela ne serait pas arrivé s’il n’y avait pas cette « omerta » vis-à-vis des dictateurs et spécialement de Robert Mugabe et si la politique de  renaissance africaine avait été menée avec foi et détermination. On aurait en effet dans ce cas-là, lancé des grands travaux à haute intensité de main d’œuvre et d’intégration, réduit les disparités entre pays africains en général et entre ceux de la région australe en particulier grâce entre autres à des investissements structurants dans le cadre de pôles de développement régionaux. Ce sont notamment ces mêmes lacunes qui expliquent les expulsions récurrentes du même genre au Nigeria, en Guinée Equatoriale, au Gabon, en Libye…, et aujourd’hui en Angola où de jeunes Africains vont chercher le travail et l’espérance qu’ils ne trouvent plus chez eux.
Pour le BEN, il est plus que jamais urgent que les dirigeants africains trouvent les moyens de réveiller en eux la volonté politique pour véritablement démarrer l’intégration du continent. Cette exigence est d’autant plus impérative que, face à la crise internationale dont les partenaires dénoncent à l’envie la gravité, on ne sent pas, comme cela s’est vérifié au Sommet décevant de la FAO à Rome, venir des solutions d’envergure au plan internationale mais plutôt des réactions visant à barricader les pays développés pour faire échec à l’avancée des hordes du Sud vers le Nord. C’est ce que viennent de faire l’Italie en criminalisant l’immigration clandestine et l’Europe en décidant de prendre des mesures drastiques par rapport à l’immigration.
La rencontre a naturellement évoqué le  projet de l’Union pour la Méditerranée  en relation avec cette situation et les critiques des présidents Kadhafi et Wade. Elle a,  à son tour, émis des inquiétudes sur les risques de perturbation qu’emporte ce projet sur la construction de l’unité africaine. Le BEN a souhaité que la CENSAD, à l’occasion de sa grande rencontre au Bénin s’en saisisse et fasse par ailleurs des propositions novatrices et constructives sur la question des flux migratoires au lieu de nous affliger une fois de plus de ces théâtralisations justes bonnes à mousser des « ego» personnels quand l’ « ego » africain lui-même est si malmené.
Avant de lever la séance à 21 heures, le BEN a salué le début de normalisation entre la Côte d’Ivoire et la France ; il a aussi, par rapport à la reprise des combats au Tchad, vivement souhaité que la France ne s’implique ni militairement ni par l’offre de renseignements, dans le conflit. Enfin, la réunion a appelé nos autorités à procéder à la libération des émeutiers de la faim détenus à Bobo-Dioulasso et à Ouagadougou et évoqué d’autres questions en Divers.

Me Hermann YAMEOGO

 

Président de l’UNDD