CONFERENCE DES FEMMES DE L'UNDD
DECLARATION LIMINAIRE
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Camarades militantes de l’UNDD
Mesdames et messieurs de la presse
Chers invités
Au moment ou le chef de l’Etat, se rend au sommet de l’Union africaine à Charm el cheikh, au lendemain des affrontements qui ont opposé sur le campus de Ouagadougou étudiants et FDS, le BEN de l’UNDD m’a chargée de provoquer une causerie avec vous autour de quelques questions chaudes de l’actualité nationale et internationale. L’ambition du parti, c’est qu’informées et sensibilisées, nous soyons toutes et tous au même niveau de réactivité pour contribuer à un meilleur éveil des consciences et surtout pour apostropher le chef de l’Etat et l’union africaine, sur certaines décisions diligentes à prendre , au sujet de ces questions
Merci donc de votre présence.
Nous nous intéresserons tout d’abord au contexte international. Il s’agira pour nous, alors que nos chefs d’Etats sont dans ce cadre idyllique égyptien, d’échanger autour de l’impact de cette crise multiforme qui frappe le monde entier mais avec une préférence manifeste pour les pays en développement.
Nous discuterons chemin faisant de la crise alimentaire en relation avec la tendance des pays riches à se recouvrir de leurs frontières au lieu d’imaginer,par précaution ou par solidarité, des plans Marshall pour impulser les politiques structurelles dont nous avons tant besoin .
Nous insisterons sur les politiques restrictives liées à, l’immigration que l’on observe en général dans le monde, mais nous nous attacherons plus particulièrement ,à cette fameuse directive retour adoptée par l’union européenne et qui nous heurte dans notre dignité beaucoup plus qu’elle nous blesse physiquement.
Pourquoi justement à ce sujet, contrairement aux Etats d’Amérique latine qui se sont levés comme un seul homme pour condamner, l’Afrique ne réagit pas collectivement et vigoureusement contre cette directive scélérate.
Nous nous poserons ensemble la question avec en toile de fond l’attente que le chef de l’Etat qui se rend à Charm el cheikh interpelle ses pairs sur l’urgence de ce sursaut d’orgueil pour promouvoir une politique africaine qui nous permette notamment de faire face au mal de l’immigration sauvage qui décime nos enfants, nos capacités autant que notre orgueil.
Des problèmes il y en a aussi qui nous sont directement imputables à nous autres africains et qui font particulièrement aussi souffrir les mères, les épouses, les filles, les soeurs que nous sommes. Parmi ceux-ci il y a ce déni de justice par rapport au dossier Hissen Habré dont l’Union africaine se rend tristement coupable. Il y a aussi le cas de l’opposant tchadien Ibni Omar MAHAMAT SALEH disparu. Il est inadmissible que jusqu’à présent les chefs d’État africains se taisent sur la question, laissant aux seuls parlementaires, ONG d’occident le soin de mener le combat de l’opinion pour la vérité et la justice. Charm el cheikh pour ne pas entamer encore plus la crédibilité de l’U.A gagnerait aussi à résonner des préoccupations que partagent les peuples d’Afrique et particulièrement le peuple burkinabé par rapport à ces affaires.
Nous aborderons aussi le cas du Zimbabwe avec le même sentiment de frustration, de révolte devant la léthargie de l’union africaine alors que l’extérieur se mobilise comme jamais. Il est honteux que face à un peuple qui souffre le martyr par la faute de son dirigeant les chefs d’États choisissent d’adopter un profil bas pour ne pas déplaire à ce dernier et peut être aussi, pour ne pas encourir le courroux du vieux dictateur puisqu’il affirme attendre de voir à ce sommet le doigt qui va se lever sur lui pour juger s’il est propre ou sale. Voilà l’imposture, la dégradante et inadmissible menace qui perpétue des clichés désavantageux sur les africains.
Charm el cheikh devrait sur le cas Mugabe laver l’honneur sali de l’Afrique. Là bas, Blaise Compaoré doit être le porte parole de son peuple pour revendiquer,(au lieu de solutions de fortune) soit la jurisprudences Sao Tome et Principe,soit celle d’ Anjouan où, par rapport à la restauration de la liberté et de la démocratie, l’Union africaine par États interposés ou directement à pris le parti des peuples contre les dictateurs ; Nous en parlerons pour demander qu’il soit pris des décisions qui permettent la constitution de cette force d’interposition demandée par l’opposition et la majorité des Zimbabwéen et la mise en place d’un mécanisme de transition . Nous exigerons que le défi lancé par Robert Mugabe à son pays à l’Afrique et au monde entier en décidant vaille que vaille d’aller en solitaire à un second tour bidouillé avant d’aller se faire adouber en Egypte, soit relevé. Nous ne comprendrions pas encore une fois que dans les circonstances présentes l’homme de Harare qui à annoncé avec fanfaronnade sa participation au sommet,et qui se prépare vite fait bien fait après avoir prêter serment à s’y rendre, se voit là bas dérouler le tapis rouge. Ce serait l’outrage de trop .Si tel devrait être le cas que Blaise Compaoré, au moins par égard pour les burkinabés, quitte le sommet en signe de protestation. Un doigt sale peut toujours se laver comme on lave le linge sale en famille .Mais nous aborderons aussi naturellement nos problèmes nationaux. Ils sont liés à la crise de gouvernance et aux effets induits de la crise internationale. Après les émeutes de la faim nous venons d’assister comme déjà relevé à des affrontements entre étudiants et FDS , nos étudiants UNDD ont, à cet égard fait une déclaration pertinente demandant notamment à savoir comment on en est arrivé lors de ces affrontements à tirer froidement avec des balles réelles .
Nous saluons, ( une fois n’est pas coutume) la sage décision d’apaisement de la justice qui a préféré la relaxe pour 31 étudiants et le sursis pour 4 autres,Mais nous femmes de l’UNDD estimons que les dernières mesures prises par les autorités (fermetures et suspensions diverses)ne témoignent pas d’une réelle volonté d’apaisement ,car ce n’est pas en bafouant les droits humains qu’on trouvera des solutions aux problèmes de nos étudiants ;tout doit être entrepris pour que de telles choses ne se reproduisent plus, et pour lever les dernières mesures excessives qui frappent les étudiants et compromettent leur avenir. Il est nécessaire de trouver des réponses aux demandes légitimes des étudiants. Il faut enfin que l’on reconnaisse que si le Burkina Faso n’est pas le Darfour, il n’est pas non plus ce long fleuve tranquille. Nous reviendrons donc à cette nécessaire remise à plat qui si, elle fait peur (et pour cause !) à une minorité, correspond à l’attente d’une majorité qui y voit la promesse de renouer avec l’espérance et plus de justice sociale.
Le chef de l’Etat à son retour de Charm el Cheikh devra sortir de son mutisme .C’est lui et personne d’autre, qui aux termes de la constitution fixe les grandes orientations de la politique de l’Etat ; les Refondateurs en lui faisant parvenir (sur le constat de la crise multidimensionnelle) une adresse aux fins de convocation d’un dialogue national ont bel et bien fondé leur demande. Lui seul est habilité à y répondre favorablement ou négativement et à dire si elle ressort du domaine nébuleux ou du constat objectif. Pour le reste qui consiste à donner plus de substance à l’initiative, à l’articuler autour de propositions concrètes il est apparu plus intelligent et plus politique d’en confier le soin à un travail collectif si la demande était agrée .Ce n’est pas parce qu’il manque parmi les refondateurs des compétences pour un tel exercice .l’originalité ici c’est de donner plus de place à la flexibilité, au consensuel plus tôt qu’au comminatoire
Voilà ce autour de quoi nous allons, comme on dit, plancher. Mais comment ne pas avoir une pensée en ces moments difficiles pour l’Afrique et le monde,pour Barak Obama engagé dans un combat réhabilitant pour l’homme noir et plus encore dans une entreprise de conquête d’une nouvelle frontière pour l’Amerique et l’humanité toute entière. Comment enfin ne pas avoir une autre pensée émue à l’endroit de Nelson Mandela qui fête ses 90 ans. Le moins que nous puissions souhaiter c’est que Dieu nous le garde encore longtemps et qu’à Charm el cheikh, sa sagesse et son courage inspirent les chefs d’États autant que les charmes de cette station balnéaire.
Merci à toutes et à tous et maintenant place à la causerie !
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