L'UNDD FACE A DE GRANDES QUESTIONS NATIONALES
(Quotidien le Pays N°3629 du 26/05/2006)

L’Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD) de Me Hermann Yaméogo a pris part aux manifestations syndicales des 23 et 24 mai. Le parti a envoyé des communiqués sur l’ensemble du territoire national, invitant ses militants et sympathisants «à participer très nombreux à la grève des 23 et 24 mai et à la marche prévue le 23 mai à 7h 30 mn à la Bourse du travail, à Ouagadougou». L’UNDD entend ainsi jouer sa partition dans ce qu’elle qualifie de «refus collectif pour la délivrance collective».

Et ce n'est pas tout : selon nos sources, le parti a adressé, le 20 mai 2006, une correspondance au Mogho Naba Tigré par rapport «aux immixtions partisanes de la chefferie» dans la politique. Dans cette correspondance, apprend-on, l'UNDD demande à Sa Majesté d’interpeller les chefs traditionnels afin que cette situation n’entraîne pas la dérive de la démocratie burkinabè. Et que ce «mal», de plus en plus perceptible, ne porte pas ombrage à la «noble institution coutumière» qu’incarne le Mogho Naba et qui constitue un maillon essentiel de l’identité nationale. Le parti estime que même si le problème est grave, il n’est pas irréversible. Il reconnaît en effet, selon les termes de la correspondance, qu’il existe des chefs traditionnels qui défendent mordicus le devoir de neutralité et qui refusent toute immixtion dans les rouages électoraux. Mais, selon le parti, certains se seraient mal illustrés pendant les dernières élections municipales, entravant ainsi l’_expression de la volonté populaire ; «des irrégularités relevées, du reste, par plusieurs acteurs politiques, tant de l’opposition que de la mouvance présidentielle, et des observateurs avertis de la scène nationale», précise-t-on.

En outre, l'UNDD serait en train de saisir plusieurs chancelleries et organisations internationales, par rapport aux «dérives graves» qu’elle dit avoir constatées dans le processus démocratique. Selon le parti, les dernières élections municipales ont révélé que «les dérives électorales ont atteint un point de non-retour». En plus de cette alerte aux chancelleries et organisations internationales, l’UNDD a entamé, à ce sujet, une série de réflexions avec des partis de l'opposition.