Les vendredi 2 et samedi 3 avril, se sont tenues à Ouagadougou des Journées
de réflexion des partis et organisations politiques de l'Opposition signataires
ou adhérents au Mémorandum sur l'application de l'article 37 de
la Constitution pour les élections présidentielles de 2005, du
23 février 2004. Ces journées de réflexion qui font suite
à la publication du mémorandum ci-dessus cité devaient
permettre aux partis et organisations politiques de l'opposition de :
1.Réaffirmer leur position en ce qui concerne l'interprétation
de l'article 37 de la Constitution du 2 juin 1991 et son application aux prochaines
élections présidentielles de 2005 ;
2.Echanger sur la question des candidatures convergentes de l'opposition pour
les élections locales et présidentielles à venir ;
3.Discuter des stratégies à élaborer et à mettre
en uvre en vue d'imposer un scrutin transparent au cours des élections
de 2005 et des années suivantes.
La rencontre, intentionnellement restreinte, a connu la participation effective des organisations politiques suivantes, représentées chacune par cinq délégués au maximum :
Ø La Convergence pour la Démocratie Sociale (CDS)
Ø La Convention Panafricaine Sankariste (CPS)
Ø Le Front des Forces Sociales (FFS)
Ø Le Front Patriotique pour le Changement (FPC) ;
Ø Le Groupe des Démocrates Progressistes (GPD) ;
Ø Le Mouvement pour la Démocratie et la Renaissance (MDR)
Ø L'Opposition Burkinabé Unie (OBU) ;
Ø Le Parti Africain de l'Indépendance (PAI) ;
Ø Le Parti des Forces Indépendantes pour le développement
(PFID) ;
Ø Le Parti pour la Démocratie et le Socialisme (PDS) ;
Ø Le Parti pour la Démocratie et le progrès/parti Socialiste
(PDP/PS) ;
Ø Le Rassemblement des Ecologistes du Burkina (RDEB) ;
Ø L'Union des Démocrates et Progressistes Indépendants
(UDPI) ;
Ø L'Union Nationale pour la Démocratie et le Développement
(UNDD) ;
Ø L'Union pour la Renaissance /Mouvement Sankariste (UNIR/MS) .
Après la cérémonie d'ouverture ponctuée du discours
d'ouverture du Coordonnateur des journées, les participants ont assisté
à une conférence ouverte sur les expériences d'alternance
en Afrique et les conditions pour une transparence des élections de 2005,
prononcée par le Professeur COULIBALY de l'UFR/ Sciences Juridiques et
Politiques de l'Université de Ouagadougou.
Cette conférence, d'un très haut niveau ainsi que les débats
qui ont suivi, ont permis aux participants :
a.) D'examiner les expériences d'alternance démocratique réussies
en Afrique entre 1960 et 2003, les conditions dans lesquelles elles ont été
rendues possibles pour l'oppositions ainsi que la façon dont l'opposition
arrivée au pouvoir a su asseoir l'alternance. Les exemples allant de
la Haute-Volta au Sénégal, du Bénin au Mali, du Ghana au
Kenya ou à la Zambie ont permis d'illustrer de fort belle manière
le fait que des oppositions africaines, parfois très diverses, ont su
vaincre de puissantes machines à gérer des pouvoirs personnels
et à vie et restaurer ainsi la démocratie dans leurs pays;
b.) De discuter des exigences minimales pour assurer la transparence du scrutin
de 2005 et des stratégies que les partis d'opposition se doivent d'adopter
pour ce faire.
Les travaux se sont ensuite poursuivis à huis clos et ont été
marqués successivement par :
1 Les déclarations individuelles des partis et organisations politiques en relation avec les objectifs des journées de réflexion.
Ainsi, l'ensemble des partis et organisations politiques représentés ont affirmé leur analyse de la situation de la démocratie dans notre pays, marquée par une tendance nette à la monarchisation de la gestion de l'Etat et à l'installation insidieuse d'un pouvoir personnel au profit de Blaise Compaoré, par l'accélération de la pauvreté pour la majorité du peuple burkinabé au même moment que se généralisent la corruption et l'enrichissement fulgurant, illicite et sans cause de quelques familles régnantes. Ils ont réaffirmé leur position contenue dans le mémorandum du 23 Février 2004 en ce qui concerne l'interprétation de l'article 37 de la Constitution ; ils ont enfin souligné avec force le caractère illégitime, malpropre et inacceptable d'une troisième candidature éventuelle de Blaise Compaoré aux élections présidentielles de 2005, parce qu'elle serait celle imposée par des tripatouillages successifs et des violations multiples de la Constitution dont notre Peuple s'est doté le 2 juin 1991 et ce, dans l'optique de se tailler un pouvoir à vie dans un pays traditionnellement attaché à l'alternance.
2. L'examen suivi de débats du document de travail pour une stratégie commune en prévision des scrutins locaux et présidentiel de 2005.
Dans ce cadre et en même temps que les participants ont amendé et amélioré les propositions contenues dans le document de travail, ils se sont accordés sur le fait que l'idéal pour l'opposition Burkinabé sera d'aboutir à une candidature unique pour les présidentielles de 2005. Cependant, tenant compte du contexte actuel et de la connaissance du terrain, ils sont convenus d'une démarche progressive d'identification des candidats par regroupement, limités au départ à trois, tout en maintenant la démarche unitaire de concertation en vue de rendre les candidatures convergentes et de finaliser une stratégie politique et électorale commune. Dans ce sens, des commissions de travail ont été chargées de finaliser à brève échéance (i) le contenu d'une plate-forme alternative commune, (ii) le code de bonne conduite entre les candidats de l'Opposition et (iii) les stratégies et actions communes en vue de garantir la transparence des scrutins de 2005.
3.Les motions, recommandations et résolutions
Une motion a été adoptée, rejetant fermement la tentative
de révision unilatérale du code électoral par le Groupe
parlementaire CDP et appelant leurs militants et les élus de l'Opposition
à la mobilisation ainsi que la CENI à la vigilance.
Les participants ont en outre pris une la résolution de mettre en uvre
les dispositions du document de stratégie commune adoptés lors
des présentes journées de réflexion.
Ils ont enfin lancé deux appels, l'un aux partis politiques de l'opposition
véritable et l'autre aux organisations démocratiques de la Société
Civile, en vue de constituer un front républicain pour la réalisation
de l'alternance démocratique.
Fait à Ouagadougou, le 3 avril 2004
Ont signé :
Les Partis et Organisations politiques participants.