La question de l’accusation par le régime de Blaise Compaoré
de Maître Hermann Yaméogo, Président de l’UNDD et
député à l’Assemblée nationale, de manœuvres
avec les régimes de Laurent Gbagbo et Ould Taya visant à discréditer
le Burkina Faso, interpelle tout le monde en raison de la gravité des
accusations et des conséquences que cela puisse avoir par rapport à
la vie nationale et aux relations internationales.
La LIATD est intéressée à la question du fait qu’elle
pose un problème de bonne gouvernance.
Notre association, qui reste attachée aux droits inaliénables
de l’homme, à la liberté de circuler et de s’exprimer
librement, constate non seulement que les preuves des accusations n’ont
pas été rapportées mais que la partie accusatrice varie
dans ses incriminations :
- Maître Hermann Yaméogo a été reçu à
la Présidence mauritanienne le 22 Septembre 2004 .
- Maître Hermann Yaméogo, dans la même capitale, a poussé
un journaliste mauritanien à envoyer au journal San Finna un article
discréditant le pays
- Maître Hermann Yaméogo a vendu de fausses informations à
la Mauritanie, à la Côte d’Ivoire, à Reporters Sans
Frontière. Ces informations ont été faxées le 23
Septembre à Noël Yaméogo
- Le Président Laurent Gbagbo a écrit une lettre dans laquelle
il recommande Maître Hermann Yaméogo à Ould Taya et dans
laquelle il dit avoir reçu du Président de l’UNDD des informations
qu’il a communiquées au président John Kufuor.
Ces informations n’ont pas convaincu face aux preuves contraires apportées
par le patron de l’UNDD et aux démentis multiples.
Il ressort de façon indiscutable qu’il ne s’est jamais rendu
en Mauritanie.
Reporters sans frontière a démenti avoir reçu des informations
de la part de Me Hermann Yaméogo.
Les services du Président Laurent Gbagbo ont apporté un démenti
cinglant par rapport au faux publié dans Sidwaya.
La Guinée, par la voix de son Ministre de l’Intérieur, vient
à son tour de démonter la dernière trouvaille du Ministre
de la Sécurité faisant état d’une réunion
de déstabilisation du régime burkinabé à laquelle
aurait pris part Maître Hermann Yaméogo dans la capitale guinéenne.
En attendant que le pouvoir soit confondu par d’autre démentis, la LIATD relève le caractère léger et fantaisiste des accusations, demande que le pouvoir mette fin à l’acharnement contre le leader de l’opposition qui n’en est pas à sa première accusation infondée.
La LIATD demande la libération sans condition de Noël Yaméogo, membre du Bureau de l’UNDD, qui est détenu dans des conditions de pression morale inacceptables.
Par contre, notre association se félicite de l’accord auquel semble
être parvenus les protagonistes par rapport à la mise en place
d’une Commission d’enquête internationale sur les crimes impunis
et les ingérences du régime Compaoré.
En accédant aux demandes formulées par l’opposition le 14
Avril 2004, le pouvoir pose les bases d’une gestion transparente de la
crise et de son règlement durable.
Ce que la LIATD voudrait demander en plus, c’est avant ou après cette commission d’enquête, la convocation d’une conférence internationale sous les auspices des Nations Unies, pour discuter de la question des ingérences, de ses conséquences sur le retard de l’Afrique et sur l’aggravation des phénomènes de pauvreté.
Ouagadougou, le 20 Octobre 2004
Le Président de la Ligue Africaine pour la Transparence Démocratique
BABA TOURE